Les paillettes naissaient de ce qu’on tenait pour négligeable.

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Tout dépend de la façon dont on définit le féminisme, mais si l'on part de la définition la plus simple, à savoir que le féminisme est un humanisme, cela paraît fou que ce mot puisse provoquer de telles réactions. Il s'agit tout de même de la seule révolution à n'avoir fait aucun mort.
On pourrait dire qu'un roman féministe est un livre dans lequel les personnages font un pas de côté par rapport au centre. Ne pas être au centre d'une société, d'une narration, c'est un peu ce que vivent toutes les minorités. De quelle manière voit-on les choses quand on est dans cette position-là, un peu en biais, voilà ce qui m'intéresse.
J’aime la littérature, j’aime la forme, j’aime travailler la langue. A priori, je m’éloigne à tout prix de ce qui pourrait ressembler à un roman à message ou à un roman didactique. Mais étant donné que j'écris de ma place et que ma place est celle d’une femme qui a compris, comme la majorité d'entre nous je pense, que je serais obligée d'être féministe, je pense que mes fictions sont traversées par cette conscience.
Ce n’est pas ce à quoi on nous oblige qui nous détruit, mais ce à quoi nous consentons qui nous ébrèche ; Nous sommes traversés de ces hontes, un tourbillon qui, peu à peu, nous creuse et nous vide. N’avoir rien dit, rien fait. Avoir dit oui parce qu’on ne savait pas dire non.
Cette histoire est une écharde sur laquelle sa chair s’est recomposée, à force d’années.
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Comment savoir si une histoire était « MeToo » ? Y avait-il des critères ? Le col de son chemisier blanc dessinait des ailes sur on pull bleu marine. Elle prononçait « mitou » comme si elle appelait un chaton.
Ce n’est pas ce à quoi on nous oblige qui nous détruit, mais ce à quoi nous consentons qui nous ébrèche ; ces hontes minuscules de consentir à renforcer ce qu’on dénonce : j’achète des objets dont je n’ignore pas qu’ils sont fabriqués par des esclaves, je me rends en vacances dans une dictature aux belles plages ensoleillées. Je vais à l’anniversaire d’un harceleur qui me produit.
Ce n’est pas ce à quoi on nous oblige qui nous détruit, mais ce à quoi nous consentons qui nous ébrèche ; Nous sommes traversés de ces hontes, un tourbillon qui, peu à peu, nous creuse et nous vide. N’avoir rien dit, rien fait. Avoir dit oui parce qu’on ne savait pas dire non.
Le chômage c’est la misère. Le travail est l’exploitation. On ne veut pas des miettes on veut tout de la boulangerie. Le travail est à la vie ce que le pétrole est à la mer.
Le travail est à la vie ce que le pétrole est à la mer.