Ce n’est pas ce à quoi on nous oblige qui nous détruit, mais ce à quoi nous consentons qui nous ébrèche ; Nous sommes traversés de ces hontes, un tourbillon qui, peu à peu, nous creuse et nous vide. N’avoir rien dit, rien fait. Avoir dit oui parce qu’on ne savait pas dire non.

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On pourrait dire qu'un roman féministe est un livre dans lequel les personnages font un pas de côté par rapport au centre. Ne pas être au centre d'une société, d'une narration, c'est un peu ce que vivent toutes les minorités. De quelle manière voit-on les choses quand on est dans cette position-là, un peu en biais, voilà ce qui m'intéresse.
Le passé était irréversible.A ucun pardon ne pourrait défaire ce qui avait été.
Le fait que le féminisme soit dans l’air du temps, c'est à la fois réjouissant et dangereux, parce qu’il ne faut pas vider le mot de sa substance. Que ça devienne un terme valorisant pour les femmes, tant mieux, mais concrètement, je ne suis pas sûre qu’en France les choses aillent si bien. Les femmes continuent à mourir des violences. Si le féminisme actuel est seulement une tendance, ça veut dire que cette mode peut passer. Mais ça ne doit pas passer.
C’est une chose curieuse que de rouvrir une boîte à souvenirs ; on a le geste sûr, on ne doute pas que le passé aura la mine touchante d’une vieillerie démodée. Mais les regrets se révèlent intacts, tranchants.
Par quel sale tour se retrouve-t-on brusquement vieux ?
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Comment savoir si une histoire était « MeToo » ? Y avait-il des critères ? Le col de son chemisier blanc dessinait des ailes sur on pull bleu marine. Elle prononçait « mitou » comme si elle appelait un chaton.
Ce n’est pas ce à quoi on nous oblige qui nous détruit, mais ce à quoi nous consentons qui nous ébrèche ; ces hontes minuscules de consentir à renforcer ce qu’on dénonce : j’achète des objets dont je n’ignore pas qu’ils sont fabriqués par des esclaves, je me rends en vacances dans une dictature aux belles plages ensoleillées. Je vais à l’anniversaire d’un harceleur qui me produit.
Le chômage c’est la misère. Le travail est l’exploitation. On ne veut pas des miettes on veut tout de la boulangerie. Le travail est à la vie ce que le pétrole est à la mer.
Le travail est à la vie ce que le pétrole est à la mer.
Cléo connaissait-elle l’origine du mot « pardonne » ? Il se composait de « donne » (donare) et de « complètement » (par), c’était un acte d’abnégation pas effacer. Le pardon n’était pas l’oubli (…). Pardonner était une décision, celle de renoncer à faire payer à l’autre. Ou à soi-même.