Le chômage c’est la misère. Le travail est l’exploitation. On ne veut pas des miettes on veut tout de la boulangerie. Le travail est à la vie ce que le pétrole est à la mer.

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Danser, c’est apprendre à dissocier. Pieds poignards et poignets rubans. Puissance et langueur. Sourire en dépit d’une douleur persistante, sourire en dépit de la nausée, un effet secondaire des anti-inflammatoires.
Cette histoire est une écharde sur laquelle sa chair s'est recomposée, et à force d'années. Un petit coussin de vie rosé, solide et élastique. Ce corps étranger n'en est plus un, il lui appartient, solidement maintenu dans un faisceau de fibres musculaires, à peine effrité par le temps.
Le passé était irréversible.A ucun pardon ne pourrait défaire ce qui avait été.
On pourrait dire qu'un roman féministe est un livre dans lequel les personnages font un pas de côté par rapport au centre. Ne pas être au centre d'une société, d'une narration, c'est un peu ce que vivent toutes les minorités. De quelle manière voit-on les choses quand on est dans cette position-là, un peu en biais, voilà ce qui m'intéresse.
Si la politique n’avance pas, c’est qu’elle utilise toujours la même langue. Je crois en revanche énormément au pouvoir émancipateur de la fiction, aux histoires, aux films, aux séries, à cet espace d’imaginaire pour changer les choses.
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Comment savoir si une histoire était « MeToo » ? Y avait-il des critères ? Le col de son chemisier blanc dessinait des ailes sur on pull bleu marine. Elle prononçait « mitou » comme si elle appelait un chaton.
Ce n’est pas ce à quoi on nous oblige qui nous détruit, mais ce à quoi nous consentons qui nous ébrèche ; ces hontes minuscules de consentir à renforcer ce qu’on dénonce : j’achète des objets dont je n’ignore pas qu’ils sont fabriqués par des esclaves, je me rends en vacances dans une dictature aux belles plages ensoleillées. Je vais à l’anniversaire d’un harceleur qui me produit.
Ce n’est pas ce à quoi on nous oblige qui nous détruit, mais ce à quoi nous consentons qui nous ébrèche ; Nous sommes traversés de ces hontes, un tourbillon qui, peu à peu, nous creuse et nous vide. N’avoir rien dit, rien fait. Avoir dit oui parce qu’on ne savait pas dire non.
Le travail est à la vie ce que le pétrole est à la mer.
Cléo connaissait-elle l’origine du mot « pardonne » ? Il se composait de « donne » (donare) et de « complètement » (par), c’était un acte d’abnégation pas effacer. Le pardon n’était pas l’oubli (…). Pardonner était une décision, celle de renoncer à faire payer à l’autre. Ou à soi-même.