Les « riens infinis » sont, dans l'arbre de notre existence, les innombrables feuilles qui lui donnent sa forme.
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Les malades ont la manie de parler de la maladie des autres... Les malades de l'esprit n'agissent pas autrement.
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Jusqu'aux hommes bons et raisonnables qui traitent les incompris d'orgueilleux ou de fous. Car la sagesse des incompris est d'une époque où leurs contemporains de la terre ne peuvent les rejoindre.
Lorsqu'on s'interroge, au seuil de la vieillesse, on découvre qu'on n'a rien fait de ce que l'on avait arrêté, que les voeux les plus chers ne se sont pas réalisés, que rien n'est arrivé de ce que l'on attendait, et que, en somme, le temps a galopé en marge du chemin que l'on s'était tracé... Et l'on s'en est à peine aperçu...
« Araignée de matin, chagrin. » Et je l'écrase ! « Araignée du soir, espoir. » Et je l'épargne ! Tant de décisions sont prises aussi superstitieusement, aussi sottement.
Ceux qui ont des souvenirs d'amour sont pour une éternité de consolations.
Dans la même œuvre
C'est vers le ciel que se tourne tout ce qui gémit, tout ce qui espère, tout ce qui chante. Et les bluets de l'azur sont faits des légions de regards levés.
Respecte les fous. Respecte-les, parce qu'ils croient.
Nous avons tous eu, durant notre voyage ici-bas, une heure décisive qui a résolu notre avenir. Mais la plupart ne l'ont pas entendue sonner, tellement elle a tinté loin, au clocher perdu des causes subtiles.
Les « riens infinis » sont, dans l'arbre de notre existence, les innombrables feuilles qui lui donnent sa forme.
Les « riens infinis » sont les humbles actes quotidiens : la toile qu'on coud, la page tournée - les banals plaisirs éternels : le parfum d'un massif, la saveur d'un fruit...