Les « riens infinis » sont les humbles actes quotidiens : la toile qu'on coud, la page tournée - les banals plaisirs éternels : le parfum d'un massif, la saveur d'un fruit...
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Jusqu'aux hommes bons et raisonnables qui traitent les incompris d'orgueilleux ou de fous. Car la sagesse des incompris est d'une époque où leurs contemporains de la terre ne peuvent les rejoindre.
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À lire aussi de Pierre Aguétant
« Araignée de matin, chagrin. » Et je l'écrase ! « Araignée du soir, espoir. » Et je l'épargne ! Tant de décisions sont prises aussi superstitieusement, aussi sottement.
Le vin fait l'huile avant de tourner à l'aigre. Ainsi le caractère des hommes.
Compte pour beaucoup l'affection des bêtes. Elle a des lueurs et des dévouements dont nous sommes incapables.
Ceux qui ont des souvenirs d'amour sont pour une éternité de consolations.
Dans la même œuvre
C'est vers le ciel que se tourne tout ce qui gémit, tout ce qui espère, tout ce qui chante. Et les bluets de l'azur sont faits des légions de regards levés.
Respecte les fous. Respecte-les, parce qu'ils croient.
Nous avons tous eu, durant notre voyage ici-bas, une heure décisive qui a résolu notre avenir. Mais la plupart ne l'ont pas entendue sonner, tellement elle a tinté loin, au clocher perdu des causes subtiles.
Les « riens infinis » sont, dans l'arbre de notre existence, les innombrables feuilles qui lui donnent sa forme.
Les « riens infinis » sont les humbles actes quotidiens : la toile qu'on coud, la page tournée - les banals plaisirs éternels : le parfum d'un massif, la saveur d'un fruit...