J'ai toujours rêvé de me fondre dans le décor. Hier soir, j'ai fondu. Et c'est le décor qui est entré en moi. Je ne suis plus un iceberg. Je suis un glaçon dans un verre. Je me dilue. Et c'est en écrivant que je me reconstitue.
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Le voici mon problème: l'attache, les attaches, les liens, les cordes. Je suis sans cesse en train de me lier et de me libérer, de m'astreindre et de me dénouer.
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Ca doit être quelque chose dans ce genre là, l'amitié - accepter que l'autre s'égare sur des chemins loin de vous et accepter qu'il en revienne, sans rancoeur.
C'est flippant, un rêve qui se réalise - pourtant, c'est ce que tout le monde cherche, toute sa vie.
Je n'aime pas les photographies. Je n'aime pas ce qui fixe. Je préfère le mouvant. L'indistinct. Le fondu enchaîné. C'est ce que je suis. Fondu et enchaîné.
Je continue d'enchaîner les longueurs dans ma piscine intérieure et je fais attention à ce que le chlore ne rougisse pas mes yeux.
Dans la même œuvre
Je me suis rendu-compte qu'à force de se laisser dériver, on atteignait parfois des rivages où personne ne pouvait venir vous chercher.
Quand on ne parvient pas à retenir une conjugaison, c'est que le verbe n'existe pratiquement pas.
Il y a des gens comme ça, des gens qui traversent votre vie et qui laissent derrière eux la queue de leur comète.
C'est ça, avoir un enfant. Se sentir vide et inutile et, l'instant d'après, être plein. Une plénitude à craquer.
Certains souvenirs sont faits pour être enfouis loin - mais leur tranchant blesse quelquefois des années plus tard.