Le repos physique est secondaire, tout compte fait. La chose que je voudrais plus que tout, c'est le repos spirituel.

À lire aussi de Jorge Semprún

J'allonge son cadavre sur le plancher du wagon, et c'est comme si je déposai ma propre vie passée, tous les souvenirs qui me relient encore au monde d'autrefois.
Plus je me remémore, plus le vécu d'autrefois s'enrichit et se diversifie, comme si la mémoire ne s'épuisait pas.
Et sans doute l'être du résistant torturé devient-il un être-pour-la-mort mais c'est aussi un être ouvert au monde, projeté vers les autres : un être-avec, dont la mort individuelle, éventuelle, probable, nourrit la vie.
Comme la découverte de l'amour, comme la découverte de la mer, celle de Dostoïevski marque une date mémorable de notre vie. Elle correspond généralement à l'adolescence : la maturité cherche et trouve des écrivains plus sereins.
Le contraire d'une connerie, ce n'est jamais qu'une autre connerie.
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Dans la même œuvre

La vie n'est pas parfaite on le sait, elle peut-être un chemin de perfection.
Une beauté évidente ne suscite pas la pensée, mais le bonheur: une sorte de béatitude.
C'est l'horreur de mon regard que révèle le leur, horrifié. Si leurs yeux sont un miroir, enfin, je dois avoir un regard fou, dévasté.
Une sorte de tristesse physique m'a envahi. J'ai sombré dans cette tristesse de mon corps. Ce désarroi charnel, qui me rendait inhabitable à moi-même.
La vie était encore vivable. Il suffisait d'oublier, de le décider avec détermination, brutalement.