La diplomatie est un art qui requiert une si constante dignité, tant de majesté dans le maintien, tant de calme, qu'elle est fort peu compatible avec la précipitation, l'effort, bref avec le travail.
❧
Le choléra est la face cachée de l'aventure humaine. À mesure que nous nous sommes répandus sur le globe, que nous avons conquis notre place dans le monde, domestiqués les éléments, le choléra est venu nous rappeler les limites de notre force et de notre courage. À ceux qui peuvent se croire quittes avec le progrès, il vient sans cesse en encaisser le prix. Il règne sur les laissés-pour-compte de la misère, sur les sacrifiés de nos batailles, sur toutes les victimes de notre audace conquérante.
◆
À lire aussi de Jean-Christophe Rufin
Pour le dire d'une formule qui n'est plaisante qu'en apparence : en partant pour Saint-Jacques, je ne cherchais rien et je l'ai trouvé.
La foi n’a rien avoir avec la raison. Les grandes choses ne se font que dans la soumission aveugle, une fois passée la première illumination de la conversion.
La liberté c'est la sécurité, la sécurité c'est la surveillance, donc la liberté c'est la surveillance.
On ne se trompe jamais en conférant à quelqu'un le grade qu'il n'a pas atteint. Celui qui bénéficie de cette erreur est tout prêt à la pardonner, en pensant que le flatteur a simplement un peu d'avance.
Dans la même œuvre
Il suffit de faire débuter l'épidémie en un endroit où elle trouvera les conditions favorables pour se développer. Ensuite, avec les transports aériens, elle se dispersera dans le monde entier.
Le choléra est un monstre qu’on tue en se lavant les mains.
L’important, pour des soldats, c’est de savoir qui est leur ennemi.
La guerre aux pauvres, j'en suis sûre, c'est l'ultime étape de cette aventure magnifique de l'Homme moderne qui a produit autant de destruction que de richesse, et qui, après avoir créé la misère et l'avoir rejetée, s’apprête maintenant à lui faire la guerre.
Un mensonge est d’autant plus facile à fabriquer qu’il met en jeu des stéréotypes. Il est plus naturel pour un Russe de se faire passer pour un prince déchu ou un mafieux que pour un honnête chef d’entreprise. Un Français n’aura aucune peine à expliquer les actes les plus rocambolesques en invoquant une affaire d’adultère. Aux Américains, il échoit d’inventer des histoires mettant en jeu un défi technologique, un grand idéal un peu niais et beaucoup d’argent.