La vie humaine est un songe : d'autres l'ont dit avant moi, mais cette idée me suit partout. Quand je considère les bornes étroites dans lesquelles sont circonscrites les facultés de l'homme, son activité et son intelligence ; quand je vois que nous épuisons toutes nos forces à satisfaire des besoins, et que ces besoins ne tendent qu'à prolonger notre misérable existence ; que notre tranquillité sur bien des questions n'est qu'une résignation fondée sur des chimères, semblables à celles des prisonniers qui auraient couvert de peintures variées et de riantes perspectives les murs de leur cachot ; tout cela mon ami, me rend muet. Je rentre en moi-même, et j'y trouve un monde, mais plutôt en pressentiments et en sombres désirs qu'en réalité et en action ; et alors tout s'embrouille en moi, et, perdu dans mes rêves, je poursuis en souriant ma route dans le monde.

À lire aussi de Johann Wolfgang Goethe

Qui mal se porte n'est bien nulle part.
La plus grande consolation pour la médiocrité est de voir que le génie n'est pas immortel.
L'amitié ne peut s'engendrer que d'une manière pratique et c'est par là seulement qu'elle devient durable.
Les pauvres gens ne soupçonnent jamais le diable, quand même il les tiendrait à la gorge.
Ecrire l'histoire est une manière de se débarrasser du passé.
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Dans la même œuvre

Ah! ce vide! ce vide épouvantable que je sens là dans mon sein! Souvent je me sis: si je pouvais, ne serait-ce qu'une fois, la serrer sur mon coeur, tout ce vide serait oublié.
Il est pourtant vrai que c'est l'amour seul qui dans le monde nous rend indispensable.
Il suffit d'aimer du fond du coeur un seul être pour que tous les autres nous paraissent aimables.
Les affaires les plus importantes du coeur et de la raison, de l'expérience et de la réflexion ne devraient être traitées qu'oralement.
Je possède tant de choses! et penser à elle dévore tout. Je possède tant de choses! et sans elle tout se réduit à rien.