La Suisse s'est enrichie parce qu'elle était le fric noir de la mafia, des juifs gazés et qu'elle est complice de tous les délinquants du monde. C'est pour cela que l'écrivain et l'intellectuel sont là-bas contraints d'écrire contre, de démasquer.

À lire aussi de Paul Nizon

Si elle pouvait seulement être assise dans un parc, lire le journal, nourrir les moineaux. Cela existe-t-il là où elle vit ? [...] Ai-je évoqué les quelques massifs de fleurs telles des pelotes d'épingles multicolores ?
Je n'aurai jamais cru que la liberté put être une sorte de prison, la liberté, ça peut être une forêt vierge ou un océan, il peut t'arriver de t'y noyer ou de t'y perdre sans jamais plus retrouver le chemin du retour.
Très tôt j'ai eu la conviction que l'écriture est beaucoup plus forte que la vie et que la vie se perd n'importe comment, que presque tous les vivants ne touchent jamais à leur vie à eux, qu'ils sont comme de la marchandise emballée, qu'ils traversent leur vie comme ça, empaquetés sans jamais sortir leurs mains.
Il lui faut continuellement annexer de nouveaux territoires ; ça s'use si vite, les gens, ça finit toujours par vous percer à jour.
Montaigne disait qu'il était la matière de son oeuvre. Je crois que c'est la meilleure définition de l'écrivain, spécialement du poète. Oui, je suis à la fois le véhicule et le passager de mes livres, un type qui rampe dans les galeries, les zones d'ombre et les paysages de sa propre vie.
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Dans la même œuvre

J'ai toujours pensé que la Suisse préfigurait ce qui allait nous arriver en Europe, c'est-à-dire une mort vivante par étouffement dans un matérialisme total. Avec, en lieu et place de la politique et de la création, l'administration et la frustration.
Je pense que j'ai grandi pratiquement sans famille et que je me suis créé moi-même.
La littérature naît presque toujours d'un manque.
Très jeune, j'éprouvais une grande admiration pour l'image existentielle du poète. Je ne le voyais pas comme un type faiblard, binoclard et intello, plutôt comme un surhomme.
Je me suis rendu compte que je ne pouvais pas me partager entre écrire, ce qui signifiait pour moi être absolument indépendant, affranchi de tout conditionnement, et mener une vie ultrabourgeoise en tant que rédacteur d'un grand journal international qui était la plate-forme du capitalisme suisse.