Je me suis rendu compte que je ne pouvais pas me partager entre écrire, ce qui signifiait pour moi être absolument indépendant, affranchi de tout conditionnement, et mener une vie ultrabourgeoise en tant que rédacteur d'un grand journal international qui était la plate-forme du capitalisme suisse.

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Chaque fois qu'on la regardait, ses yeux et sa bouche semblaient réagir comme s'il s'était agi d'un contact physique, ils avaient ce léger mouvement de recul qu'ont les animaux effarouchés et en même temps ses sourcils se soulevaient, ses yeux s'arrondissaient, sa bouche frémissait légèrement. Le visage était perpétuellement en mouvement, il n'avait pas encore appris à feindre l'impassibilité.
La Suisse s'est enrichie parce qu'elle était le fric noir de la mafia, des juifs gazés et qu'elle est complice de tous les délinquants du monde. C'est pour cela que l'écrivain et l'intellectuel sont là-bas contraints d'écrire contre, de démasquer.
La littérature naît presque toujours d'un manque.
Je pense que j'ai grandi pratiquement sans famille et que je me suis créé moi-même.
Montaigne disait qu'il était la matière de son oeuvre. Je crois que c'est la meilleure définition de l'écrivain, spécialement du poète. Oui, je suis à la fois le véhicule et le passager de mes livres, un type qui rampe dans les galeries, les zones d'ombre et les paysages de sa propre vie.
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J'ai toujours pensé que la Suisse préfigurait ce qui allait nous arriver en Europe, c'est-à-dire une mort vivante par étouffement dans un matérialisme total. Avec, en lieu et place de la politique et de la création, l'administration et la frustration.
La Suisse s'est enrichie parce qu'elle était le fric noir de la mafia, des juifs gazés et qu'elle est complice de tous les délinquants du monde. C'est pour cela que l'écrivain et l'intellectuel sont là-bas contraints d'écrire contre, de démasquer.
Je pense que j'ai grandi pratiquement sans famille et que je me suis créé moi-même.
La littérature naît presque toujours d'un manque.
Très jeune, j'éprouvais une grande admiration pour l'image existentielle du poète. Je ne le voyais pas comme un type faiblard, binoclard et intello, plutôt comme un surhomme.