Nous disons un mot et nous anéantissons un homme, sans que cet homme anéanti par nous s'aperçoive, au moment où nous l'anéantissons d'un mot, qu'il a reçu un coup fatal, pensai-je.
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La soi-disant générosité humaine est une pure et simple imposture et celui qui proclame, voire soutient le contraire, est un raffiné piétineur d'hommes ou un impardonnable imbécile. Aujourd'hui nous avons affaire pour quatre-vingt-dix pour cent à ces raffinés piétineurs d'hommes et dix pour cent à ces impardonnables imbéciles.
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À lire aussi de Thomas Bernhard
Se faire comprendre est impossible.
Les citations me tapent sur les nerfs. Mais nous sommes enfermés dans un monde qui cite en permanence tout ce qu'il est possible de citer, dans une citation permanente qui est le monde même.
Un malade est un voyant, personne d'autre n'aperçoit plus clairement l'image du monde.
L'ascenseur était en panne, le couloir plongé dans une obscurité totale, et nous montions à tâtons, nous encourageant mutuellement par nos halètements.
Dans la même œuvre
Amitié, quel mot lépreux! Chaque jour, et jusqu'à l'écoeurement, les gens l'ont à la bouche, et il est complètement déprécié, au moins aussi déprécié que le mot amour, mortellement piétiné.
Publier est une pure folie, un crime de l'esprit, mieux encore, un crime capital contre l'esprit. Oui, nous ne publions que pour satisfaire notre désir de gloire.
Il nous faut être seul et abandonné de tous, si nous voulons aborder un travail de l'esprit !
Que deviendrait-on sans la musique, sans Mozart !