La première suggestion formulée qui surgit s'impose immédiatement par contagion à tous les cerveaux, et aussitôt l'orientation s'établit. Comme chez tous les êtres suggestionnés, l'idée qui a envahi le cerveau tend à se transformer en acte. Qu'il s'agisse d'un palais à incendier ou d'un acte de dévouement à accomplir, la foule s'y prête avec la même facilité. Tout dépendra de la nature de l'excitant, et non plus, comme chez l'être isolé, des rapports existant entre l'acte suggéré et la somme de raison qui peut être opposée à sa réalisation

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Il est dangereux pour un peuple de compter dans son sein trop de vanités individuelles et pas assez d'orgueils collectifs.
Le premier acte de la guerre mondiale, la lutte militaire, est aujourd'hui terminé. Le second acte, la guerre économique, commence. Le troisième acte, lutte de la race jaune contre la race blanche pour l'hégémonie de l'asie, semble prochain.
Si la jalousie, l'envie et la haine pouvaient être éliminées de l'univers, le socialisme disparaîtrait le même jour.
Mais que peuvent des écrits sur les impressions mobiles des foules ? Elles n'écoutent guère que les démagogues flattant servilement leurs instincts.
Les peuples vivent surtout d'espérances. Leurs révolutions ont pour but de substituer des espérances nouvelles à d'anciennes espérances devenues sans force.
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Connaître l'art d'impressionner l'imagination des foules c'est connaître l'art de les gouverner.
Les civilisations n'ont été créées et guidées jusqu'ici que par une petite aristocratie intellectuelle, jamais par les foules. Les foules n'ont de puissance que pour détruire. Leur domination représente toujours une phase de barbarie.
Quand l'édifice d'une civilisation est vermoulu, ce sont toujours les foules qui en amènent l'écroulement. C'est alors qu'apparaît leur principal rôle, et que, pour un instant, la philosophie du nombre semble la seule philosophie de l'histoire.
Dans les foules, c'est la bêtise et non l'esprit, qui s'accumule.
Ce n'est pas le besoin de la liberté, mais celui de la servitude qui domine toujours dans l'âme des foules. Elles ont une telle soif d'obéir qu'elles se soumettent d'instinct à qui se déclare leur maître.