La poésie peut être une affaire vitale, l'apothéose de toutes lucidités, l'arrachement du bandeau que la vie met sur les yeux des vivants pour qu'ils n'aient pas trop peur à cet instant dernier qu'est chaque instant passant.

À lire aussi de Christian Bobin

Le temps qui passe est un ami précieux qui nous dépouille du superflu.
... le droit élémentaire de toute personne vivant sur cette terre: disparaître sans rendre compte de sa disparition.
On croit aimer des gens. En vérité, on aime des mondes.
Croire c'est donner son coeur. Ce Dieu des heures simples a pris le coeur de l'enfant au berceau. Il en joue à son gré. C'est une chose difficile à comprendre, au vingtième siècle comme au treizième siècle.
La joie c'est de n'être plus jamais chez soi, toujours dehors, affaibli de tout, affamé de tout, partout dans le dehors du monde comme au ventre de Dieu.
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Dans la même œuvre

Il n'y a pas de plus grande joie que de connaître quelqu'un qui voit le même monde que nous. C'est apprendre que l'on n'était pas fou.
Aucun lien ne demeure immobile, pas même celui que nous nouons avec les morts.
Bien avant d'être une manière d'écrire, la poésie est une façon d'orienter sa vie, de la tourner vers le soleil levant de l'invisible.
Le néant et l'amour sont de la même race terrible. Notre âme est le lieu de leur empoignade indécise.
Rencontrer quelqu'un, le rencontrer vraiment - et non simplement bavarder comme si personne ne devait mourir un jour -, est une chose infiniment rare. La substance inaltérable de l'amour est l'intelligence partagée de la vie.