Les épidémies ne font pas exception à la règle. Toutefois, un comportement qui ne surprend pas les scientifiques peut atterrer tous les autres. L’augmentation des cas devient ainsi « une explosion » ; dans les titres des journaux, elle est « inquiétante », « dramatique », alors qu’elle était juste prévisible. C’est la distorsion de ce qui est normal qui engendre la peur.
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La peine, la souffrance, la compassion qu'on ressent envers les êtres humains se réduisent à la biochimie — hormones et neurotransmetteurs inhibés ou relâchés. Cette prise de conscience suscite en lui une indignation inattendue.
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Essayons d'imaginer ce qui se passerait – ce qui se passera – si le Covid?19 se répandait impétueusement dans des régions d'Afrique où les structures hospitalières sont plus déficientes que les nôtres. Où les structures hospitalières sont totalement inexistantes.
On peut tomber malade d'un souvenir ; elle, elle était tombée malade de cet après-midi-là, dans la voiture, devant le parc, quand elle avait placé son visage devant le sien pour lui ôter de la vue ce lieu d'horreur.
Un de mes amis a épousé une Japonaise. Ils vivent dans la région de Milan et ont une fillette de 5 ans. Pas plus tard qu’hier, mère et fille étaient au supermarché, et deux types se sont mis à hurler que tout était leur faute, qu’elles devaient retourner chez elles, en Chine. La peur nous pousse à agir bizarrement.
L’épidémie nous encourage à nous considérer comme les membres d’une collectivité. Elle nous oblige à accomplir un effort d’imagination auquel nous ne sommes pas accoutumés : voir que nous sommes inextricablement reliés les uns aux autres et tenir compte de la présence d’autrui dans nos choix individuels. Dans la contagion, nous sommes un organisme unique. Dans la contagion, nous redevenons une communauté.
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Un soldat ne cesse jamais d’être un soldat. À l’âge de trente ans, le lieutenant en est arrivé à considérer l’uniforme comme un accident inévitable, une maladie chronique du destin, évidente mais indolore. La contradiction la plus significative de sa vie a fini par se muer en cet unique élément de continuité.
Dépersonnaliser les hommes,les amis, voilà l'astuce, effacer leurs traits, le timbre de leur voix et même leur odeur jusqu'à ce qu'on soit capable de les considérer comme une simple unité. Peut-être devrait-il utiliser cette technique pour résoudre l'autre problème.
Mais nous ne sommes pas des missionnaires, ne l'oubliez pas. Nous sommes des têtes brûlées. Nous aimons jouer avec les armes et, de préférence, les utiliser.
Les formes d'attachement n'équivalent pas toutes à de la nostalgie.
Au cours des années qui suivirent la mission, ses participants s'ingénièrent à rendre leur vie méconnaissable au point d'entacher d'une lumière fausse, artificielle,les souvenirs de leur existence précédente et d'en arriver à croire que ces événements ne s'étaient pas réellement produits ou, du moins, ne les concernaient pas.