La littérature m'a appris que la vérité ne se négocie pas. Si je n'ai jamais mangé à ma faim, c'est parce que je ne mange pas à tous les râteliers.

À lire aussi de Mohammed Moulessehoul, dit Yasmina Khadra

Nos yeux ne nous appartiennent plus. Nous sommes les otages de nos souvenirs. Nos paupières closes nous racontent ; ouvertes, elles donnent sur nous-mêmes.
Il ne faut pas avoir honte de ses sentiments quand ils sont beaux, même lorsqu'ils nous semblent injustes.
Mais un attentat reste un attentat. A l'usure, on peut le gérer techniquement mais pas humainement. L'émoi et l'effroi ne font pas bon ménage avec le sang-froid. Lorsque l'horreur frappe, c'est toujours le coeur qu'elle vise en premier.
Il n'est pire amour que le regard que l'on échange dans une gare lorsque les deux trains vont chacun de son côté.
Kadem n'avait pas tout à fait raison. Ce n'est pas le monde qui est tombé bien bas ce sont les hommes qui se complaisent dans la bassesse.
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Si la rose savait que sa grâce et sa beauté la conduisent droit dans un vase, elle serait la première à trancher la gorge avec sa propre épine. Mais elle l'ignore, et c'est dans cette poche d'ombre qu'elle puise la sève de sa propre survivance.
Personne ne fuit son pays. On ne fuit que soi-même - sa vérité ou son infortune -, comme si l'âme, trop à l'étroit dans sa peau, tentait de s'en extirper.
Si je n'ai jamais mangé à ma faim, c'est parce que je ne mange pas à tous les râteliers.
C'est un beau pays la France. Se rend-elle compte de sa féérie? Elle ne se rend même pas compte de ses chances; autrement elle mesurerait la déveine des autres nations.
Tous les écrivains vont au paradis puisque, vivants, ils portent l'enfer des hommes.