La guerre, elle l'a faite elle aussi pas besoin d'aller en Serbie. La sienne a duré vingt ans, près d'ici, dans un joli pavillon entouré de rosiers. Son ennemi était bien habillé ; il avait les traits de son mari.

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Un homme rasé peut être sexy, une femme chauve sera toujours malade, pense Sarah.
L'amour est volatil, se dit-elle, il s'en va comme il vient, parfois, d'un coup d'ailes.
Le voilà, le vrai visage de la précarité. Il n'est ni dans le journal, ni sur un écran de télévision mais se tient là, en face d'elle, tout près. Il ressemble à deux euros dans un porte-monnaie.
Ablation, un mot qui rime avec punition, agression, mutilation, amputation, démolition. Guérison, aussi, peut-être.
Pour eux elle n'est plus une avocate malade, elle est une malade avocate. La différence est de taille. Le cancer fait peur. Il isole, il éloigne. Il pue la mort. A son contact, on préfère se détourner, se boucher le nez.
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Dans la même œuvre

Les mots sont des papillons, fragiles et volatils. Il faut le bon filet pour les attraper.
L'estime de soi, c'est ce qu'il y a de plus difficile à regagner.
Ne plus penser, se noyer dans la vie des autres comme elle se noyait, jadis, dans les dossiers. C'est un pis-aller, elle le sait, mais elle n'a rien d'autre à quoi se raccrocher.
Tous les deux ou trois jours, une femme meurt sous les coups de son conjoint, dans ce pays qu'on dit civilisé. Jusqu'à quand ? Dans la nature, aucune autre espèce ne se livre à ce jeu de massacre. La maltraitance des femelles n'existe pas. Pourquoi chez les humains, ce besoin de détruire, de briser ?
Le bonheur des autres est cruel. Il vous tend un miroir sans pitié.