J’étouffe dans les livres. Je suis constamment dans une espèce de nostalgie de la vie immédiate, qui saurait se passer de toute médiation, juste se tenir face au ciel bleu, aux enfants, à l’amour...
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La curiosité telle que tu l'entends n'est elle pas surtout un art ? Un art de bifurquer ? Un art de naviguer ? Un art de vivre? Un art de voyager à peu de frais ? Un remède à l'indifférence? Un désir de voir par soi-même, de lire sans consigne, de poser et de se poser des questions tout le temps d'une existence, de ne pas perdre la fraîcheur si tôt détrônée de l'enfant ? Une manière d'être vivant, de te sentir vivant, jusqu'à la fin de ton temps sur terre ?
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À lire aussi de Jean-Pierre Martin
J’ai une conception artisanale de la littérature.
L'habitude de l'usine sera peut-être devenue drogue : chaque jour dans cette mélasse, absorber une dose d'hébétude. Il aura peine à se défaire de cet abrutissement providentiel, de cette sensation quotidienne d'un corps tellement courbatu que chaque soir la pensée s'endort dans une terrible sérénité.
Qui est le plus fou ? Celui qui pense à la mort chaque jour, comme moi, ou celui qui est possédé par le langage de l’entreprise ?
Virginia Woolf affirmait : « Je pense parfois que seule l’autobiographie relève de la littérature : les romans sont les pelures que nous ôtons pour arriver enfin au coeur qui est vous ou moi et rien d’autre.» Magnifique, non ? Mais je cite trop de gens.
Dans la même œuvre
L'autre est un autre, voilà ce que reconnaît le curieux existentiel. Et la recherche de l'autre est infinie. A vrai dire, je n'ai pas trouvé de meilleur antidote à l'indifférence.