La bête qui ronge leur conscience leur en laisse assez pour qu'ils connaissent, par instants, l'horreur d'être là.

À lire aussi de Christian Bobin

On ne sait jamais ce que deviennent les paroles que l'on profère, les phrases que l'on écrit.
L'art de la conversation est le plus grand art. Ceux qui aiment briller n'y entendent rien. Parler vraiment c'est aimer, et aimer vraiment, ce n'est pas briller, c'est brûler.
Les parents voient leurs enfants, jamais leurs âmes.
L'enfant est à l'adulte ce que la fleur est au fruit. La fleur n'est pas certitude du fruit.
Il n'y a rien d'autre à apprendre que soi dans la vie. Il n'y a rien d'autre à connaître. On n'apprend pas tout seul, bien sûr. Il faut passer par quelqu'un pour atteindre au plus secret de soi. Par un amour, par une parole ou un visage.
Toutes les citations de Christian Bobin →

Dans la même œuvre

Je suis né dans un monde qui commençait à ne plus vouloir entendre parler de la mort et qui est aujourd'hui parvenu à ses fins, sans comprendre qu'il s'est du coup condamné à ne plus entendre parler de la grâce.
Ces gens dont l'âme et la chair sont blessées ont une grandeur que n'auront jamais ceux qui portent leur vie en triomphe.
Le vent a les yeux d'un voyou et les mains d'un ange.
Plus les choses sont dures, plus on leur donne des noms faibles.
La maison de long séjour est appelée «maison de cure». Les infirmes, les vieillards et les agonisants qui la peuplent sont appelés des «résidents». Plus les choses sont dures, plus on leur donne des noms faibles.