L' amour ce n'est pas le sacrifice, c'est le don. Et qu'aurez-vous à donner si vous n'avez aucune joie de vivre ?

À lire aussi de Christian Bobin

Assis pendant des heures dans le couloir de la maison de long séjour, ils attendent la mort et l'heure du repas. Ils aiment toucher les mains qu'on leur tend, les garder longtemps dans leurs mains à eux, et les serrer. Ce langage-là est sans défaut.
La muraille entre les riches et les pauvres est visible. Elle peut se déplacer ou s'effondrer par endroits. La muraille entre les lecteurs et les autres est bien plus enfoncée dans la terre, sous les visages.
Dieu, mon petit bonhomme, c'est aussi simple que le soleil. Le soleil ne nous demande pas de l'adorer. Il nous demande seulement de ne pas lui faire obstacle et de le laisser passer, laisser faire.
Il est impossible de protéger du malheur ceux qu'on aime: j'aurai mis longtemps pour apprendre une chose aussi simple. Apprendre est toujours amer, toujours à nos dépens. Je ne regrette pas cette amertume.
Le mal de la télévision, ce n'est pas dans la télévision qu'il est, c'est dans le monde.
Toutes les citations de Christian Bobin →

Dans la même œuvre

La poésie, en ce sens, c'est la communication absolue d'une personne à une autre: un partage sans reste, un échange sans perte. On ne peut mentir en poésie.
Qu'est-ce que c'est, aimer. Ce n'est pas s'enfermer dans la même maison, s'étouffer dans la même parole, s'assombrir dans la même histoire. Ce n'est pas remplir un vide, effacer une distance.
Aimer c'est prendre soin de la solitude de l'autre - sans jamais prétendre la combler ni même la connaître.
Les enfants ont un privilège: on ne leur demande pas de justifier leur existence. On ne demande pas à un enfant ce qu'il fait dans la vie. On le sait bien: il joue, il pleure, il rit. Il vit - et ça suffit pour vivre.
On presse de plus en plus les enfants de vieillir et les vieillards de rajeunir. On leur propose de rejoindre cette classe pour laquelle seule tout est fait, la classe des jeunes adultes consommateurs.