Ce qui ne peut danser au bord des lèvres - s'en va hurler au fond de l'âme.
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Assis pendant des heures dans le couloir de la maison de long séjour, ils attendent la mort et l'heure du repas. Ils aiment toucher les mains qu'on leur tend, les garder longtemps dans leurs mains à eux, et les serrer. Ce langage-là est sans défaut.
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À lire aussi de Christian Bobin
Faire l'amour en cachette, c'est comme voler des bonbons à l'épicerie. C'est délicieux.
Pour bien écrire le mot amour, il y faudrait plus d'encre qu'il n'y en a au monde.
Le malheur, comme la richesse, s'entasse sur plusieurs générations.
L'âme est le goût de l'absolu donc de la perte - la pelote de lumière lancée violemment contre le haut mur de la mort, et les rebonds qu'elle fait dans la pensée.
Dans la même œuvre
Je suis né dans un monde qui commençait à ne plus vouloir entendre parler de la mort et qui est aujourd'hui parvenu à ses fins, sans comprendre qu'il s'est du coup condamné à ne plus entendre parler de la grâce.
Ces gens dont l'âme et la chair sont blessées ont une grandeur que n'auront jamais ceux qui portent leur vie en triomphe.
Le vent a les yeux d'un voyou et les mains d'un ange.
Plus les choses sont dures, plus on leur donne des noms faibles.
La maison de long séjour est appelée «maison de cure». Les infirmes, les vieillards et les agonisants qui la peuplent sont appelés des «résidents». Plus les choses sont dures, plus on leur donne des noms faibles.