Le malheur, comme la richesse, s'entasse sur plusieurs générations.

À lire aussi de Christian Bobin

La muraille entre les riches et les pauvres est visible. Elle peut se déplacer ou s'effondrer par endroits. La muraille entre les lecteurs et les autres est bien plus enfoncée dans la terre, sous les visages.
On lit sans ordre, sans raison. La lecture ne peut se commander. Personne ne peut en décider à votre place. Il en va de la lecture comme d'un amour ou du beau temps: personne ni vous n'y pouvez rien. On lit avec ce qu'on est. On lit ce qu'on est.
Pour bien voir une chose, il vous faut toucher à son contraire. Par l'ombre, vous allez à la lumière. Par l'indifférence vous atteignez à l'amour.
Le mal de la télévision, ce n'est pas dans la télévision qu'il est, c'est dans le monde, et si on le confond c'est qu'ils ne font plus qu'une masse perdue, souffrante.
Les mères par leurs soins élémentaires fleurissent les abîmes. Si il y a encore des lions, des étoiles et des saints c'est parce qu'une femme épuisée pose un plat sur la table à midi.
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Dans la même œuvre

La parole et la mort sont comme deux personnes qui voudraient entrer dans une pièce en même temps et se gênent, demeurent bloquées sur le seuil…
Ce qui m'échappe dans ta mort m'échappait déjà de ton vivant. La mort ne change pas une vie en destin.
Le génie est composé d'amour, d'enfance et encore d'amour.
Avec le mariage, quelque chose finit pour les hommes. Pour les femmes, c'est l'inverse: quelque chose commence.
Je t'ai toujours su inaccessible même dans la plus claire proximité. Je t'ai aimée dans ce savoir.