Le silence de la nuit s'est posé sur ma page. Du silence et rien d'autre. J'entends, dans le désert de ma vie, battre mon coeur ensablé.
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Je suis l'ombre qui cause. Je suis celle qui s'est volontairement clôturée pour tenter d'exister. Je suis la vierge des Murmures. A toi qui peux entendre, je veux parler la première, dire mon siècle, dire mes rêves, dire l'espoir des emmurées.
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Novembre emplit l'espace d'une force immanente. Les éléments s'enlacent, rien ne se contredit, la terre se fait boue, le ciel s'affaisse, les arbres flambent, les clochers s'embrument, les contours s'estompent, les choses s'emmêlent, lascives, débordées par leurs ombres.
A force de foi, de méditation, de jeûne, de solitude, il m'a semblé qu'un chemin s'était ouvert dans l'obscurité, chemin qu'empruntait la cohorte des morts et à leur suite, j'ai touché l'autre rive.
Cette fois, elle ferma les volets, couvrit le miroir, ce piège à âmes, arrêta l'horloge... Elle venait faire un mort.
Je suis un vase où les hommes ont versé leur ombre et mon contour de verre s'est terni à force de douleurs.
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A défaut de croire en Dieu, j'ai commencé à croire en moi, en la force de ma parole dont je voyais chaque jour croître l'incroyable pouvoir.
Les certitudes sont de pâte molle, elles se modèlent à volonté.
Quelle différence du cri au chant! Modulation splendide de la douleur, le chant recoud ce que le cri déchire.
Il suffit de regarder quelque chose très longtemps pour qu'une porte s'ouvre et nous absorbe.
Je suis un vase où les hommes ont versé leur ombre et mon contour de verre s'est terni à force de douleurs.