Je sais, Jacques, tu ne me rendras peut-être jamais ce livre, mais une supposition que je te le prête précisément pour ça, pour qu'un jour tu regrettes de ne me l'avoir jamais rendu. Oh ! je te pardonnerais en ce cas mais, pourras-tu te pardonner à toi-même ? Pas seulement de ne l'avoir point rendu, mais parce que d'ici là le livre se sera fait l'emblème de ce qui même à présent ne peut se rendre.

À lire aussi de Malcolm Lowry

Les tourments de l'enfer sont implacables, vifs - \r\nSont les feux de l'enfer ; et pourtant les vautours - \r\nS'arc-boutant contre l'air pour virer sur leur aile - \r\nSont plus beaux que le vol plané de ces mouettes - \r\nAbandonnées au vent dans la fraicheur du jour - \r\nPlus beaux que les ventilateurs dans les asiles - \r\nQui par leur soyeux va-et-vient - \r\nTissent à l'espoir un destin ; - \r\nEt jamais l'espoir n'a lancé - \r\nSa gageure aussi haut que l'illusion vitale - \r\nQui chevauche le vol du vautour. Si la mort - \r\nPeut voler pour l'amour de voler, est-il rien - \r\nQue la vie, pour l'amour de mourir, ne pût faire ? - \r\n\r\n
Parfois l'enfant ne sait pas dire son chagrin, - \r\nMais il entend, le soir, les étranges présages - \r\nQui annoncent aux pierres blessées, à même le sol, - \r\nLeur libération, où il apprend que les pierres - \r\nCœurs brisés, ont parfois l'éclat dur d'un langage. - \r\nLe bruit de la mer rugit au vestiaire - \r\n- Et un reproche ; mais cela même est rassurant : - \r\nUn reproche de moins entre lui et la mort… - \r\nEt là, sur le tapis devant la cheminée, - \r\nIl regarde l'enfer et voit son avenir - \r\n- Qui sait, peut-être une chambre de chauffe ?- - \r\nPourtant, l'enfant, je pense, a connu des fous-rires - \r\n(On dit que de la vie ce sont les seuls remèdes), - \r\nEt puis, n'eût-il pas survécu, - \r\nSaurait-il que Rimbaud a connu ces chagrins, - \r\nRimbaud dont l'âge d'homme aussi, comme le sien, - \r\nFut déserté d'amour et privé de langage ?\r\n
À une attitude gigantesque, il remarqua encore des vautours aux aguets, plus gracieux que des aigles en leurs évolutions et qu'on eût pris pour des cendres de papier montant légèrement d'un feu, avant d'être subitement aspirés dans une tumultueuse et vertigineuse ascension, très haut.
Je n'ai pas de maison, seulement de l'ombre. Mais quand vous aurez jamais besoin d'ombre, mon ombre est la vôtre.
On ne peut vivre sans amour.
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Dans la même œuvre

Qu'est l'homme, sinon une petite âme qui maintient debout un cadavre ?
Mais, dans la vie, que vous montiez ou descendiez, vous êtes toujours dans la brume, le froid, les à-pics, la corde traîtresse et ses retours glissants : seulement lorsque la corde glisse, vous avez parfois le temps de rire. Pas beaucoup j'en ai peur...
On m'a dit que le monde tournait, alors j'attends de voir passer ma maison devant moi.
On ne peut vivre sans amour.
Aussi quand tu partis, Yvonne, j'allai à Oaxaca. Pas de plus triste mot. Te dirai-je, Yvonne, le terrible voyage à travers le désert, dans le chemin de fer à voie étroite, sur le chevalet de torture d'une banquette de troisième classe, l'enfant dont nous avons sauvé la vie, sa mère et moi, en lui frottant le ventre de la tequila de ma bouteille, ou comment, m'en allant dans ma chambre en l'hôtel où nous fûmes heureux, le bruit d'égorgement en bas dans la cuisine me chassa dans l'éblouissement de la rue, et plus tard, cette nuit-là, le vautour accroupi dans la cuvette du lavabo ?