Dans ma vie, l'origine africaine n'a pas vraiment de sens – sinon qu'on le sait à cause de mon nom et de la couleur de ma peau. Bien sûr, le fait d'avoir écrit des histoires où l'Afrique est présente peut paraître contradictoire. Je suis allée deux ou trois fois en Afrique, c'est un lieu qui m'intrigue, me fascine aussi, car je sens que j'y suis radicalement étrangère.
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Je reconnais l'écriture de ma mère : les points sur les i sont des cercles disproportionnés, chaque phrase contient plusieurs fautes inattendues, d'une certaine façon personnelles, originales.
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À lire aussi de Marie NDiaye
La seule chose qui change quand on a une origine africaine, c'est qu'on est noir, c'est visible. Mais c'est tout.[...] J'ai été élevée dans un « univers 100 % français
Je suis un homme qui s'est fait seul et je crois que j'ai le droit d'en tirer une certaine fierté.
Ce qui fait la grandeur d'un roman, c'est aussi la manière dont la psychologie des personnages y est travaillée. C'est important car le destin des personnages est sans doute ce qui nous reste en mémoire.
e suis d'abord sensible à l'écriture, à l'esthétique. Je cherche la musique des phrases, l'harmonie souterraine qui se dégage d'un livre d'imagination et qui fait que l'on a l'impression qu'il n'aurait pas pu être écrit autrement.
Dans la même œuvre
Contre la mélancolie, contre les regrets, le bon sens et le cynisme ne peuvent rien.
Mais est-il indispensable de poser la question quand la réponse est évidente ?
Ma mère est une femme en vert, intouchable, décevante, métamorphosable à l'infini, très froide et sachant, par la volonté, devenir très belle, sachant aussi ne pas le désirer.