Contre la mélancolie, contre les regrets, le bon sens et le cynisme ne peuvent rien.

À lire aussi de Marie NDiaye

Ma mère est une femme en vert, intouchable, décevante, métamorphosable à l'infini, très froide et sachant, par la volonté, devenir très belle, sachant aussi ne pas le désirer.
Comme il était, jusqu'à présent, le seul vendeur du Garden-Club qui avait su convaincre plus d'un couple sur deux, il avait acquis au parc un agréable petit prestige, dont l'auréole ne ne quittait pas dès les grilles franchies mais l'enveloppait jusqu'à la maison, jusque chez nous, d'une vague atmosphère de réussite et de satisfaction générale, concrétisée par de bonnes rentrées d'argent. Sitôt qu'il avait passé une heure à la maison, sa morosité le reprenait, sa rancune diffuse et chagrinement entretenue.
Je suis un homme qui s'est fait seul et je crois que j'ai le droit d'en tirer une certaine fierté.
J'ai souvent rencontré des Français qui ont été élevés en Afrique et qui sont plus africains que moi. Alors qu'eux, en Afrique, dans le regard des autres, ils restent étrangers… Ironiquement, c'est en France que je peux paraître étrangère.
Le gendarme s'était assis aussi loin de moi que possible et, lorsque je tournais les yeux vers lui pour me donner une contenance, son air rogue, défiant, prenait une fixité haineuse. Il me craignait, découvris-je avec étonnement. Il était jeune, grêle, craintif, et sa main avait répugné tout particulièrement à m'empoigner tout à l'heure.
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Je reconnais l'écriture de ma mère : les points sur les i sont des cercles disproportionnés, chaque phrase contient plusieurs fautes inattendues, d'une certaine façon personnelles, originales.
Mais est-il indispensable de poser la question quand la réponse est évidente ?
Ma mère est une femme en vert, intouchable, décevante, métamorphosable à l'infini, très froide et sachant, par la volonté, devenir très belle, sachant aussi ne pas le désirer.