Mais est-il indispensable de poser la question quand la réponse est évidente ?

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Je reconnais l'écriture de ma mère : les points sur les i sont des cercles disproportionnés, chaque phrase contient plusieurs fautes inattendues, d'une certaine façon personnelles, originales.
Personne, d'ailleurs, n'aurait pu ressembler moins à une sorcière que ma mère .
La seule chose qui change quand on a une origine africaine, c'est qu'on est noir, c'est visible. Mais c'est tout.[...] J'ai été élevée dans un « univers 100 % français
Mon mari rentrait du Garden-Club, situé à trente kilomètres de chez nous, où il passait la journée à tenter de convaincre des couples aisés et respectables d'acheter pour l'éternité une semaine de vacances annuelle en des lieux aussi variés qu'idylliques du monde entier, une toute petite semaine par an, certes, mais dont Pierrot se chargeait de montrer qu'elle serait inoubliable et de faire comprendre qu'elle s'ajouterait à d'autres semaines inoubliables au cours des années, ce qui, au bout du compte, offrait aux clients quelques centaines de journées merveilleuses pour une somme, assenait alors Pierrot, presque indignement dérisoire.
Le gendarme s'était assis aussi loin de moi que possible et, lorsque je tournais les yeux vers lui pour me donner une contenance, son air rogue, défiant, prenait une fixité haineuse. Il me craignait, découvris-je avec étonnement. Il était jeune, grêle, craintif, et sa main avait répugné tout particulièrement à m'empoigner tout à l'heure.
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Contre la mélancolie, contre les regrets, le bon sens et le cynisme ne peuvent rien.
Ma mère est une femme en vert, intouchable, décevante, métamorphosable à l'infini, très froide et sachant, par la volonté, devenir très belle, sachant aussi ne pas le désirer.