Ce qui fait la grandeur d'un roman, c'est aussi la manière dont la psychologie des personnages y est travaillée. C'est important car le destin des personnages est sans doute ce qui nous reste en mémoire.

À lire aussi de Marie NDiaye

Je reconnais l'écriture de ma mère : les points sur les i sont des cercles disproportionnés, chaque phrase contient plusieurs fautes inattendues, d'une certaine façon personnelles, originales.
La connaissance des comportements humains que mes filles acquéraient, non dans les livres (elles ne lisaient que des magazines) mais grâce aux feuilletons télévisés, était si fruste, internationale et standardisée qu'elle avait une efficacité certaine dans les situations très communes comme celle-ci. (…) Je constatais avec soulagement qu'elles ne semblaient pas plus émues que si ces faits de leur existence concernaient les personnes qu'elles regardaient maintenant, dans un silence attentif, raconter leurs propres malheurs, dans cette émission de confidences et d'épanchements qu'elles affectionnaient.
Un grand oiseau brun se tenait sur le rebord [de la fenêtre], nous observant à travers la vitre d'un oeil vigilant et sans effroi, si semblable à la corneille que j'avais remarquée le matin même qu'un petit frisson d'inquiétude me parcourut.
Il était impuissant à aimer son fils envers et contre tout, et quel qu'il fût, c'est donc qu'il ne l'aimait pas.
Elle n'était pas de ceux qui, à force de jouer les idiots le deviennent car ils oublient que ce n'était d'abord qu'un rôle
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Dans la même œuvre

Je n'écris ni en tant que femme, ni en tant que femme noire. Je ne me définis pas comme une femme noire, née en France en 1967. Ce sont des notions factuelles qui n'ont pas d'importance, s'agissant de mon écriture. J'écris en tant qu'être humain.
Je ne suis pas un écrivain engagé. L'écrivain engagé a tendance à être peu subtil car il doit faire passer un message. Dans ses textes, il n'y a pas de place pour l'ambiguïté. Moi, au contraire, j'aime travailler dans l'ambivalence parce qu'il me semble qu'elle nous fait réfléchir davantage.
e suis d'abord sensible à l'écriture, à l'esthétique. Je cherche la musique des phrases, l'harmonie souterraine qui se dégage d'un livre d'imagination et qui fait que l'on a l'impression qu'il n'aurait pas pu être écrit autrement.
Un écrivain travaille aussi avec ce qu'il a sous la main. Je n'ai pas connu la guerre. Je n'ai jamais exercé une profession. Je n'aurais pas pu écrire sur ces sujets. J'écris sur ce que je connais le mieux. En l'occurrence, la famille.
Les livres qui me restent le plus profondément en mémoire sont souvent ceux dans lesquels je n'ai pas toujours tout compris ou dont je ne suis pas absolument sure du sens final !