Je me suis levée ce matin avec une sensation de ciel au ventre et une prestance de petit nuage.

À lire aussi de Alain Raymond, dit Alain Damasio

L'autoursier : Vole donc - les faucons sont les rois mais les princes volent au pas à travers les taillis et le fouillis de nos quêtes de soi.
Réfléchir, c'est fléchir deux fois.
C'est un cercle vicieux. Plus nos rapports au monde sont interfacés, plus nos corps sont des îlots dans un océan de données et plus nos esprits éprouvent, inconsciemment, cette coupure, qu'ils tentent de compenser. Et ils compensent en se reliant à des objets, en touchant et parlant à des dispositifs qui nous rassurent - et nous distancent en même temps. Un réseau social est un tissu de solitudes reliées. Pas une communauté.
On ne peut plus faire un pas sans être tracé. Il y a comme un Parlement des machines qui décide dans notre dos. Nous sommes gouvernés par des algorithmes. Mais on ne décide jamais de leurs critères ! On ne discute pas du programme, ni des arbitrages qu’ils vont faire pour nous. Ce sont des boites noires. Ça nous rend dépendants. Le système nous gère.
Si je devais me rappeler d'une caque, d'une seule, d'une solide caquée de trouille tord-bide, chiasseuse au goulet, si je devais faire le tri des lentilles, eh ben je choisirais celle-ci. Celle du siphon de Lapsane.
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Dans la même œuvre

Papa ! C'est fou la force de ce mot. C'est un coup de feu à bout portant avec une balle d'amour dans la bouche. Ça te dit que tu existes comme tu n'as jamais existé pour personne. C'est un appel qui happe le présent pur, il t'avale.
Un réseau social est un tissu de solitudes reliées.
Les enfants ne marchent pas, jamais : ils courent. Et si vous les regardez vraiment, ils ont tellement de sève ascendante en eux, ils sont tellement et animaux et buissons à la fois, et pierre en éruption qu'ils ne courent pas sans bondir en même temps, comme si leur propre pied était trop impétueux pour ne pas les enlever du sol. Si la gravité n'existait pas, en tous les sens du terme, on attacherait nos gosses avec des ficelles pour ne pas aller les chercher chaque soir dans le ciel.
La mort est un face-à-face. Un face-à-face avec un trou.
On peut couper en deux un arbre qui a fait pousser ses bourgeons et ses feuilles deux cent cinquante printemps de suite avec une tronçonneuse à essence et en huit minutes. On peut abattre un jaguar qui court à 90 km/h dans une savane en un dixième de seconde et avec une seule balle. Qu'est-ce que ça prouve de nous ? Qu'on sait stopper le mouvement ? Qu'à défaut d'être vivants, nous voudrions nous prouver qu'on sait donner la mort ?