La première danse zouloue que j'ai pratiquée, c'était la danse baka. Les employés noirs municipaux qui dégageaient les ordures dans les camions avaient l'habitude de la danser. J'ai appris auprès d'eux.
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Je me rends compte que, même si je suis un personnage public, c'est l'expérience la plus solitaire que j'aurai jamais vécue. Je suis seul face à la mort. C'est finalement une position très zoulou…
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Je suis un Zoulou. Donc, je crois à la philosophie des guerriers : je dois endurer pour survivre. Quand vous vous battez, c'est pour vivre. Vous devez être le premier à tuer. La question n'est pas : “Est-ce que je vais y arriver ?” Mais plutôt : “Est-ce que je peux le faire et le refaire ?” C'est facile de gagner une bataille, bien plus compliqué d'en gagner plusieurs.
On me considère comme étant de la génération de la lutte anti-apartheid, et comme regardant toujours le monde depuis cette perspective. Les jeunes sud-africains, noirs et blancs, comprennent que j'ai une place dans l'histoire, que ma musique est un mélange intéressant de différentes cultures, mais ils sont totalement submergés par la pop mondiale, la musique consumériste. Mais j'ai toujours un public parmi eux. Et, dans mes chansons et sur scène, je leur parle de musique, de culture, de la tradition zoulou et de politique !
Parfois, le doute ou la peur s'emparait de nous. Mais dès que Nelson Mandela s'exprimait à la radio ou à la télévision, sa voix, à la fois puissante et irradiante d'amour, nous redonnait courage.
J'ai commencé à chanter quand soudain le public s'est levé comme un seul homme. Je me suis dit, wouah, c'est fou que les Allemands connaissent ma chanson ! J'étais profondément ému. Et puis j'ai aperçu du coin de l'oeil quelqu'un derrière moi qui était en train de monter sur la scène, en dansant, au bras de la chanteuse qui m'accompagnait. C'était Mandela ! C'était lui que le public acclamait ! Ça a été un choc.
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Ma vie m'a appris l'endurance, les Zoulous ne baissent pas les bras. J'ai expérimenté la patience.
Je dis au revoir à mon public. Je veux me produire tant que c'est encore possible, en France, en Nouvelle-Zélande et en Australie. Pour y donner les plus beaux concerts de ma vie, avant de ne plus pouvoir. Pour l'instant, j'ai encore l'énergie. Mais le cancer m'a déjà freiné dans pas mal de mes projets.
Je suis un Zoulou. Donc, je crois à la philosophie des guerriers : je dois endurer pour survivre. Quand vous vous battez, c'est pour vivre. Vous devez être le premier à tuer. La question n'est pas : “Est-ce que je vais y arriver ?” Mais plutôt : “Est-ce que je peux le faire et le refaire ?” C'est facile de gagner une bataille, bien plus compliqué d'en gagner plusieurs.
On pense souvent que l'on a beaucoup de temps devant soi. Mais c'est faux. J'utilise dans la chanson cette expression zoulou qui a tellement de sens : “Attrape le soleil tant que tu le peux, pour qu'il ne s'enfuie pas.”
Quand je donne des concerts, je suis de nouveau connecté au monde, mais cela n'a plus le même goût qu'avant. Je porte la mort en moi, les gens le savent. Ils viennent me dire au revoir.