Je me fais toujours une joie de m'endormir. C'est le moment où j'ai le plus d'idées. J'en ai plein, les plus belles qui soient, je les accueille et les entoure de prévenance, d'autant plus que je sais que je ne pourrais pas les utiliser. Il m'est impossible, hélas d'écrire et dormir en même temps. Je m'endors donc en me trouvant génial et je me réveillerai en trouvant que ma vie est horrible, deux jugements très exagérés.

À lire aussi de François Weyergans

Mais il y a cette enfance qui nous colle à la peau, cette expérience vécue, ineffaçable plutôt qu'ineffable, qui n'a pas fini de nous faire du bien ou du mal, selon les moments.
Un rêve qu'on renonce à interpréter est comme une lettre qui n'est pas lue.
Pourquoi faut-il que la vie s'arrête juste avant notre enterrement, une des rares occasions de succès qui nous soit garantie ?
Le vrai voyageur est impulsif. Il part pour partir. Il ne sait pas ce qui l'attend. Il ressemble au romancier qui, au fur et à mesure qu'il rédige, se méfie de ses propres plans.
Mais au lieu de tuer les gens, les phrases se contentent de les faire souffrir.
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Dans la même œuvre

Personne ne mesure la chance d'être qui il est.
Le temps ne passe pas c'est nous qui passons.
La mort des autres nous conforte dans l'idée que notre vie est précieuse, importante, essentielle, unique. Nos morts valorisent nos vies.
Je viens de regarder à « projet » dans mes dictionnaires. Voici le premier exemple donné par le Petit Robert : « Faire des projets au lieu d'agir. » Littré cite Molière : « Et le chemin est long du projet à la chose. » Eh bien les gars, merci pour votre aide.
Pourquoi faut-il que la vie s'arrête juste avant notre enterrement, une des rares occasions de succès qui nous soit garantie ?