Mais il y a cette enfance qui nous colle à la peau, cette expérience vécue, ineffaçable plutôt qu'ineffable, qui n'a pas fini de nous faire du bien ou du mal, selon les moments.

À lire aussi de François Weyergans

Le vrai voyageur est impulsif. Il part pour partir. Il ne sait pas ce qui l'attend. Il ressemble au romancier qui, au fur et à mesure qu'il rédige, se méfie de ses propres plans.
Les impressions intenses ne disparaissent jamais, on les met de côté pour avoir la paix, on croit qu'elles s'atténuent et que le temps guérit tout, mais le passé peut revenir nous tourmenter à tout moment, il ne prévient pas.
La mémoire devient le juge d'instruction de l'amour.
Il en va des librairies comme du whisky: ce sont des passions auxquelles il vaut mieux s'adonner seul. Pendant qu'on boit un single malt de quarante ans d'âge, ce serait dommage de se déconcentrer en bavardant avec quelqu'un.
Les souvenirs ressemblent à des graines et la mémoire est un germoir. Chacun garde en réserve des phrases entendues au cours de son existence, qu'il sèmera un jour ou l'autre.
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Dans la même œuvre

Personne ne mesure la chance d'être qui il est.
Le temps ne passe pas c'est nous qui passons.
La mort des autres nous conforte dans l'idée que notre vie est précieuse, importante, essentielle, unique. Nos morts valorisent nos vies.
Je viens de regarder à « projet » dans mes dictionnaires. Voici le premier exemple donné par le Petit Robert : « Faire des projets au lieu d'agir. » Littré cite Molière : « Et le chemin est long du projet à la chose. » Eh bien les gars, merci pour votre aide.
Pourquoi faut-il que la vie s'arrête juste avant notre enterrement, une des rares occasions de succès qui nous soit garantie ?