Je lis des vieux livres parce que les pages tournées de nombreuses fois et marquées par les doigts ont plus de poids pour les yeux, parce que chaque exemplaire d'un livre peut appartenir à plusieurs vies.

À lire aussi de Erri De Luca

Chez nous, il existe une histoire drôle qui parle d'un cavalier qui ne sait pas faire de cheval et qui passe au galop à travers champs. Un paysan lui demande où il va et l'autre lui crie dans sa course : Demandez au cheval.
Dans chaque espèce, ce sont les solitaires qui tentent de nouvelles expériences. Ils forment un quota expérimental qui va à la dérive. Derrière eux, se referme la trace ouverte.
Je prends le livre ouvert à la pliure, je me remets à son rythme, à la respiration d'un autre qui raconte.
A ce moment-là, j'ai dû comprendre que le mal est irrémédiable et qu'il est impossible de réparer un tort quoi que l'on fasse. Le seul remède est de ne pas commettre et ne pas en commettre est en ce monde l'oeuvre la plus ardue et secrète.
Si moi aussi je suis un autre, c'est parce que les livres, plus que les années et les voyages, changent les hommes. Après bien des pages, on finit par apprendre une variante, un geste différent que celui commis et cru inévitable.
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Si moi aussi je suis un autre, c'est parce que les livres, plus que les années et les voyages, changent les hommes. Après bien des pages, on finit par apprendre une variante, un geste différent que celui commis et cru inévitable.
Je lis de vieux livres parce que les pages tournées de nombreuses fois et marquées par les doigts ont plus de poids pour les yeux, parce que chaque exemplaire d'un livre peut appartenir à plusieurs vies.
Je ne crois pas aux écrivains, mais à leurs histoires.
Je prends le livre ouvert à la pliure, je me remets à son rythme, à la respiration d'un autre qui raconte.
Si moi aussi je suis un autre, c'est parce que les livres, plus que les années et les voyages, changent les hommes.