Je définirais le ridicule comme la distance enter le parfait et l'imparfait ou, formulé cyniquement, entre le négatif et le positif : le rien est toujours parfait, le quelque chose a toujours des défauts.

À lire aussi de Fritz Zorn

Les mots perdent tout leur poids et tout leur sens ; la langue se décompose en une masse amorphe de particules privées de significations ; plus rien n'est solide, et tout devient irréel.
A celui qui ne joue pas au football il paraît ridicule de courir pendant des heures après un petit ballon de cuir ; il ne se demande pas si ce jeu ne serait pas follement amusant, il ne voit que le côté ridicule de ces hommes adultes qui jouent comme de petits garçons.
De même qu'autrefois - et aujourd'hui encore, à l'opéra - on mourait d'amour, de même, aujourd'hui encore, on peut manifestement mourir du contraire, c'est-à-dire du manque d'amour.
Qui s'unit, vit, qui se tient à l'écart, meurt. Mais c'était là justement la devise sous laquelle était placée ma famille : Tiens-toi à l'écart et meurs !
Il ne suffit pas d'exister ; il faut aussi attirer l'attention sur le fait qu'on existe. Il ne suffit pas simplement d'être, on doit également agir. Mais qui agit dérange - et cela au sens le plus noble du terme.
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Le bonheur, c'est ce qui fonctionne.
Je suis jeune et riche et cultivé; et je suis malheureux, névrosé et seul.
On avait coutume chez nous de le remettre à «demain», cette date favorite de tous les faibles qui se consolent à l'idée que «demain» veut généralement dire «jamais».
D'abord, il m'avait fallu être un enfant qui n'avait le droit de ne rien savoir sur la sexualité, et aussitôt qu'on eut lieu de croire que j'en savais quelque chose, je fus censé être tout à fait au-dessus de ces choses-là.
Il y en a qui croient à une origine nettement psychosomatique du cancer. Chez moi il s'agit clairement de ce cas, et je dois dire que je suis au fond heureux que la maladie ait enfin éclaté.