Les mots perdent tout leur poids et tout leur sens ; la langue se décompose en une masse amorphe de particules privées de significations ; plus rien n'est solide, et tout devient irréel.

À lire aussi de Fritz Zorn

A la sérénité du Bouddha l'agitation du monde paraît ridicule, car lui-même n'a plus rien à voir avec cela. Au cynique les sentiments du prochain paraissent ridicules parce que lui-même n'a plus de sentiments. A celui qui ne joue pas au football il paraît ridicule de courir pendant des heures après un petit ballon de cuir ; il ne se demande pas si ce jeu ne serait pas follement amusant, il ne voit que le côté ridicule de ces hommes adultes qui jouent comme de petits garçons. Sans doute celui qui fait quelque chose se rend-il toujours ridicule aux yeux de celui qui ne fait rien.
L'angoisse et le désespoir, en moi, n'ont plus de cesse. On dirait un volcan qui explose en moi et ne pourra s'éteindre tant que je vivrai. La nuit, quand je ne peux dormir et que, baigné de sueur, gémissant et hurlant je me débats dans mon lit, quand je cours en rond dans mon appartement en criant comme un fou et que j'insulte les murs de ma chambre, alors ce volcan est en éruption.
D'abord, il m'avait fallu être un enfant qui n'avait le droit de ne rien savoir sur la sexualité, et aussitôt qu'on eut lieu de croire que j'en savais quelque chose, je fus censé être tout à fait au-dessus de ces choses-là.
Au début du siècle, lorsque Freud rendit publique la théorie selon laquelle la vie entière n'est faite que de sexualité, tout le monde fut horrifié d'entendre énoncer ce fait, bien que tout le monde connût ce fait depuis longtemps déjà.
Quand il ne peut pas vivre son rêve, il rêve de sa vie.
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Dans la même œuvre

Le bonheur, c'est ce qui fonctionne.
Je suis jeune et riche et cultivé; et je suis malheureux, névrosé et seul.
On avait coutume chez nous de le remettre à «demain», cette date favorite de tous les faibles qui se consolent à l'idée que «demain» veut généralement dire «jamais».
D'abord, il m'avait fallu être un enfant qui n'avait le droit de ne rien savoir sur la sexualité, et aussitôt qu'on eut lieu de croire que j'en savais quelque chose, je fus censé être tout à fait au-dessus de ces choses-là.
Il y en a qui croient à une origine nettement psychosomatique du cancer. Chez moi il s'agit clairement de ce cas, et je dois dire que je suis au fond heureux que la maladie ait enfin éclaté.