Au début du siècle, lorsque Freud rendit publique la théorie selon laquelle la vie entière n'est faite que de sexualité, tout le monde fut horrifié d'entendre énoncer ce fait, bien que tout le monde connût ce fait depuis longtemps déjà.
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Le bonheur, c'est ce qui fonctionne.
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Je définirais le ridicule comme la distance enter le parfait et l'imparfait ou, formulé cyniquement, entre le négatif et le positif : le rien est toujours parfait, le quelque chose a toujours des défauts.
L'angoisse et le désespoir, en moi, n'ont plus de cesse. On dirait un volcan qui explose en moi et ne pourra s'éteindre tant que je vivrai. La nuit, quand je ne peux dormir et que, baigné de sueur, gémissant et hurlant je me débats dans mon lit, quand je cours en rond dans mon appartement en criant comme un fou et que j'insulte les murs de ma chambre, alors ce volcan est en éruption.
Si l'on jette un coup d'œil sur ce qui a été écrit jusqu'ici, l'impression pourrait facilement se dégager que ce qui compte, pour moi, c'est uniquement de dénombrer avec malveillance les faiblesses de mes pauvres parents afin de les faire passer ensuite pour les méchants qui m'auraient détraqué et auxquels il faudrait donc attribuer tout mon malheur. Mais j'ai tendance à croire qu'il y a davantage, dans ce récit, que la simple intention de rendre mes parents responsables de ce que j'aurais dû mieux savoir et mieux faire. Aujourd'hui, mes parents sont beaucoup moins, à mes yeux, les « coupables » que les co-victimes de la même situation faussée. Ils n'étaient pas les inventeurs de cette mauvaise façon de vivre ; ils étaient bien davantage –tout comme moi- dupes de cette vie mauvaise, acceptée sans esprit critique.
Je crois que je suis divisé en trois parties. Premièrement je suis fait de mon individualité ; deuxièmement je suis le produit de mes parents, de mon éducation, de ma famille et de ma société ; troisièmement je suis un représentant du principe de vie en général, c'est-à-dire de cette force, justement, qui fait que les électrons tournent autour du noyau de l'atome, que les fourmis fourmillent et que le soleil se lève. Une partie de moi est aussi électron et fourmi et soleil et cela, l'éducation la plus bourgeoise ne peut l'abîmer en rien
Dans la même œuvre
Je suis jeune et riche et cultivé; et je suis malheureux, névrosé et seul.
On avait coutume chez nous de le remettre à «demain», cette date favorite de tous les faibles qui se consolent à l'idée que «demain» veut généralement dire «jamais».
D'abord, il m'avait fallu être un enfant qui n'avait le droit de ne rien savoir sur la sexualité, et aussitôt qu'on eut lieu de croire que j'en savais quelque chose, je fus censé être tout à fait au-dessus de ces choses-là.
Il y en a qui croient à une origine nettement psychosomatique du cancer. Chez moi il s'agit clairement de ce cas, et je dois dire que je suis au fond heureux que la maladie ait enfin éclaté.
L'intelligence était intacte et n'avait subi aucun dommage mais le sentiment était atrophié et malade. Je ne pouvais avoir de sentiments, surtout pas de sentiments pour d'autres gens ; je ne pouvais aimer personne.