Je défends une position compliquée mais cohérente: comme citoyen, je suis intraitable sur le droit à l'outrance. Je veux vivre dans un pays où la liberté des uns n'est pas limitée par la croyance des autres. Les dessins venimeux, vaches, extrêmes, je ne saurais pas les faire, mais je suis heureux que ceux dont c'est le style puisse les réaliser.

À lire aussi de Joann Sfar

Le livre est l'objet fétichisme ultime : on tourne la page, comme si on soulevait une jupe, sauf que le dévoilement ne vient jamais. Lire, c'est dévoiler l'objet du désir pour s'apercevoir que le voile est toujours
Je tiens pour inepte toute tentative de valorisation d'une culture d'origine. Il faut toujours postuler l'universalité du lecteur.
Cette volonté que nous avons d'accomplir des belles choses, de s'aimer, de créer des œuvres, c'est la conscience de notre mort qui la rend possible.
Pendant longtemps, j'ai pensé qu'il était superflu de faire un album contre le racisme. Il me semblait que c'était une évidence, qu'il ne fallait pas enfoncer les portes ouvertes. Les temps changent, semble-t-il. Tout a sans doute été dit, mais comme personne n'écoute, il faut recommencer.
Je n'y suis pour rien puisque c'est mon instinct. Si quelqu'un a mal agi dans l'histoire, c'est Dieu, il n'avait qu'à pas mettre au monde un vampire.
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Dans la même œuvre

Mes convictions, c'est que les individus valent mieux que l'étiquette qu'on leur colle. J'aime mieux les gens que leurs idées.
La catastrophe est déjà là, dans la haine et le manque de dialogues aimants. Il faut parler à chacun. Et raconter des histoires qui donnent envie du monde.
Je suis fondamentalement en désaccord avec Plantu quand il prétend qu'il faut s'autocensurer car nos dessins voyagent dans le monde entier. Un artiste doit être libre. Ça ne souffre pas la discussion.
Dieu est un intermittent du spectacle, dur de lui faire confiance. Je suis l'inverse de Diam's. Depuis un an, j'ai perdu la foi.
L'Occident a sans doute répandu pas mal de saloperies de par le monde. Mais les livres, dans leur pluralité, sont ce qui nous sauve de la sauvagerie