J'étais belle, tu n'imagines pas, aussi belle qu'une fille peut l'être à quinze ans, si belle et si fine que mon père, ne se lassant pas de me contempler, ne parvenait pas à se décider à me céder à un autre.

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De la somptueuse robe brodée et parsemée de fleurs de tissu, il ne restait plus que quelques lambeaux d'étoffe attachés au corps sec de ma mère comme des plantes grimpantes à leur mur de pierre.
Hors du jardin, j'ai découvert le monde, il m'a écorché les pieds.
Entre dans l'eau sombre, coule-toi dans mes contes, laisse mon verbe t'entraîner par des sentes et des goulets qu'aucun vivant n'a encore empruntés. Je veux dire à m'en couper le souffle. Ecoute !
Le silence de la nuit s'est posé sur ma page. Du silence et rien d'autre. J'entends, dans le désert de ma vie, battre mon coeur ensablé.
C’est curieux tout de même de passer une grande partie de sa vie dans des fictions, avec des êtres invisibles. Parfois ma raison ne tient plus qu’à un fil. Il suffirait de presque rien pour que je reste perchée là-haut, envolée, la tête gonflée à l’hélium avec mes amis imaginaires. Pourquoi redescendre si personne ne vous attend sur la terre ferme ?
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A défaut de croire en Dieu, j'ai commencé à croire en moi, en la force de ma parole dont je voyais chaque jour croître l'incroyable pouvoir.
Les certitudes sont de pâte molle, elles se modèlent à volonté.
Quelle différence du cri au chant! Modulation splendide de la douleur, le chant recoud ce que le cri déchire.
Il suffit de regarder quelque chose très longtemps pour qu'une porte s'ouvre et nous absorbe.
Je suis un vase où les hommes ont versé leur ombre et mon contour de verre s'est terni à force de douleurs.