Le silence de la nuit s'est posé sur ma page. Du silence et rien d'autre. J'entends, dans le désert de ma vie, battre mon coeur ensablé.
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Hors du jardin, j'ai découvert le monde, il m'a écorché les pieds.
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C’est curieux tout de même de passer une grande partie de sa vie dans des fictions, avec des êtres invisibles. Parfois ma raison ne tient plus qu’à un fil. Il suffirait de presque rien pour que je reste perchée là-haut, envolée, la tête gonflée à l’hélium avec mes amis imaginaires. Pourquoi redescendre si personne ne vous attend sur la terre ferme ?
Quelle différence du cri au chant! Modulation splendide de la douleur, le chant recoud ce que le cri déchire.
Béguines, mystiques, recluses volontaires parvenaient parfois à mener leur entourage et gagnaient une liberté autrement inconcevable. Une autonomie à laquelle presque aucune autre femme de ma caste ne pouvait prétendre. Mais à quel prix ?
Entre dans l'eau sombre, coule-toi dans mes contes, laisse mon verbe t'entraîner par des sentes et des goulets qu'aucun vivant n'a encore empruntés. Je veux dire à m'en couper le souffle. Ecoute !
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Un roman n'est pas un mensonge, puisqu'il ne se présente pas comme la vérité, même s'il s'en donne les apparences. Il peut pourtant contenir plus de réalité qu'un témoignage, permettre de toucher à l'intime, de dire ce qui ne saurait être dit autrement.
Intégrer ses obsessions à un livre, c'est une façon comme une autre de les contenir. Je ne suis même pas toujours consciente de ce qui se faufile ainsi dans mes romans pour rester supportable.
C’est curieux tout de même de passer une grande partie de sa vie dans des fictions, avec des êtres invisibles. Parfois ma raison ne tient plus qu’à un fil. Il suffirait de presque rien pour que je reste perchée là-haut, envolée, la tête gonflée à l’hélium avec mes amis imaginaires. Pourquoi redescendre si personne ne vous attend sur la terre ferme ?
Novembre emplit l'espace d'une force immanente. Les éléments s'enlacent, rien ne se contredit, la terre se fait boue, le ciel s'affaisse, les arbres flambent, les clochers s'embrument, les contours s'estompent, les choses s'emmêlent, lascives, débordées par leurs ombres.
L’amour, c’est comme la vie, que cela ne dure pas ne doit pas nous empêcher d’y croire et d’y tenir. Il faut savoir goûter l’éphémère, la beauté de l’instant ! D’ailleurs l’éternité, quand on y songe, ça doit être d’un barbant !