J'espère que le souvenir de mes camarades et le mien ne sera pas oublié car il doit être mémorable

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J'ai toujours nargué mes bourreaux en leur déclamant des poèmes, de Nerval à Pierre Louÿs... Ils me prenaient pour un dingue, me bourraient de coups pour me faire taire, mais ne me tuaient pas. Parce que je ne me taisais jamais. J'étais devenu leur distraction, une sorte de phénomène.
Conserve ma mémoire le temps que tu voudras, mais il faut te dire une chose, personne ne vit avec les morts.
J'ai toujours l'impression que je suis encore en train de sortir d'un camp... Longtemps, j'ai eu du mal à habiter un endroit fixe. J'étais un errant. Il me fallait juste un arbre, face à moi, pour que je puisse me poser et vivre.
Les mots jouent, sur la pensée, le même rôle que la lune sur les marées.
Tant qu'on ne changera pas le passé, tant qu'on ne s'acharnera pas à le penser autrement, on ne pourra vivre le présent.
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Tu diras aussi à tous mes camarades que tu connais que je les quitte en pensant à eux, qu'ils pensent un peu à leur camarade qui est mort pour sa patrie.
Conserve ma mémoire le temps que tu voudras, mais il faut te dire une chose, personne ne vit avec les morts.