J'ai commencé le journalisme grâce à un ami dans Le Parisien libéré. Je suis devenu journaliste étant donné ce que je pensais, soit mon héritage paternel et tout ce que je venais de vivre. J'ai commencé à faire les tribunaux où tous les criminels de guerre passaient. Je recevais des lettres de lecteurs qui n'étaient pas d'accord avec ce que j'écrivais et qui m'avaient donné un nom : doyen macaroni.
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Les mots jouent, sur la pensée, le même rôle que la lune sur les marées.
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Avec toute mon équipe de La Parole Errante je cherche l'absolu de la langue. On se fout de l'approbation des autres, du consensus. On veut arracher les prisonniers, les drogués, les transplantés, les psychiatrisés à ce pauvre petit langage auquel les a condamnés une société qui ne les écoute plus. Nous voulons leur rendre leurs mots. Nous voulons en faire des poètes.
J'écris pour changer le passé.
J'ai passé ma vie à douter. Par principe. Pour moi, une certitude est une capitulation. Je défends l'imprévisibilité au nom du respect de l'homme.
J'ai été fier lorsqu'à la fin d'un stage en prison un condamné à vingt-cinq ans de réclusion a déclaré à un journaliste qui l'interrogeait sur l'apport de l'aventure : " Mais, monsieur, je suis plus riche de deux cent cinquante mots ! " Alors, qu'on ne me demande pas si je fais du social ou du politique ! Notre entreprise est bien au-delà ! Elle vise à forger une fierté d'homme, d'artiste. Elle vise à faire de ces pauvres des Dieux.
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Savoir que, lorsqu'on dit quelque chose à quelqu'un, ce n'est pas ce qu'on lui dit qui se met à exister, mais une infinité d'aventures possibles et impossibles en même temps. Les mots jouent, sur la pensée, le même rôle que la lune sur les marées.