La télévision c'est le monde qui s'effondre sur le monde, une brute geignarde et avinée, incapable de donner une seule nouvelle claire, compréhensible.
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J'aime tant les livres que je ne peux passer un jour sans poser ma main sur le front d'une page imprimée pour sentir si elle a ou non de la fièvre.
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À lire aussi de Christian Bobin
Une des plus fines expériences de la vie est de cheminer avec quelqu'un dans la nature, parlant de tout et de rien.
Tu sais ce que c'est la mélancolie? Tu as déjà vu une éclipse? Eh bien c'est ça: la lune qui se glisse devant le coeur, et le coeur qui ne donne plus sa lumière.
Tout le monde est occupé. Tout le monde, partout, tout le temps, est occupé, et par une seule chose à la fois.
La parole doit venir à certains moments, mais ce qui instruit et ce qui donne c'est la présence. C'est elle qui est silencieusement agissante.
Dans la même œuvre
Il faut que la vie nous arrache le coeur, sinon ce n'est pas la vie.
Les tendres nuages que je vois ébréchés dans le ciel bleu n'ont pas connu mon père et pourtant par leur consentement au réel qui les broie, ils me parlent très bien de lui.
Les livres s'ouvrent comme des mains apaisées.
Il n'y a pas de passé. Il n'y a qu'aujourd'hui et, dans aujourd'hui, serrés et brûlants comme à l'intérieur d'une clochette de muguet, tous les morts que nous avons aimés.
Les calculs ont remplacé la grâce. La contemplation des chiffres épuise l'âme. Ils sont à plaindre, les yeux du monde.