Dans ce qui est on voit ce qui manque. Dans le rire on rejoint ce qui manque.
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Il n'y a pas de passé. Il n'y a qu'aujourd'hui et, dans aujourd'hui, serrés et brûlants comme à l'intérieur d'une clochette de muguet, tous les morts que nous avons aimés.
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À lire aussi de Christian Bobin
Le chagrin est une soupe au sel.
Les livres sont des huttes pour les âmes, des mangeoires pour les oiseaux de l'éternel, des points de résistance. Je tends une main de papier à des êtres invisibles.
Le coeur est une petite maison, même pas une maison, une niche, même pas une niche, un abri pour les moineaux. Le coeur n'a qu'une contenance réduite. Une joie qui bat des ailes le remplit tout. Il n'y a plus de place pour autre chose.
Aimer c'est aimer ce qui est simple, et donc mystérieux. Ce qui est compliqué n'est jamais mystérieux.
Dans la même œuvre
J'aime tant les livres que je ne peux passer un jour sans poser ma main sur le front d'une page imprimée pour sentir si elle a ou non de la fièvre.
Il faut que la vie nous arrache le coeur, sinon ce n'est pas la vie.
Les tendres nuages que je vois ébréchés dans le ciel bleu n'ont pas connu mon père et pourtant par leur consentement au réel qui les broie, ils me parlent très bien de lui.
Les livres s'ouvrent comme des mains apaisées.
Les calculs ont remplacé la grâce. La contemplation des chiffres épuise l'âme. Ils sont à plaindre, les yeux du monde.