Il faut que la vie nous arrache le coeur, sinon ce n'est pas la vie.

À lire aussi de Christian Bobin

Tout ce qu'on fait en soupirant est taché de néant.
... tout ce qu'on vit vraiment est secret, clandestin et volé ...
Il y a beaucoup d'affinités, de connivences, entre la lecture et la prière: dans les deux cas, marmonnement. Dans les deux cas, silencieux commerce avec l'Autre.
Il n'y a rien d'autre à apprendre que soi dans la vie. Il n'y a rien d'autre à connaître. On n'apprend pas tout seul, bien sûr. Il faut passer par quelqu'un pour atteindre au plus secret de soi. Par un amour, par une parole ou un visage.
Les gitans, les chats errants et les roses trémières savent quelque chose sur l'éternel que nous ne savons plus.
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Dans la même œuvre

J'aime tant les livres que je ne peux passer un jour sans poser ma main sur le front d'une page imprimée pour sentir si elle a ou non de la fièvre.
Les tendres nuages que je vois ébréchés dans le ciel bleu n'ont pas connu mon père et pourtant par leur consentement au réel qui les broie, ils me parlent très bien de lui.
Les livres s'ouvrent comme des mains apaisées.
Il n'y a pas de passé. Il n'y a qu'aujourd'hui et, dans aujourd'hui, serrés et brûlants comme à l'intérieur d'une clochette de muguet, tous les morts que nous avons aimés.
Les calculs ont remplacé la grâce. La contemplation des chiffres épuise l'âme. Ils sont à plaindre, les yeux du monde.