J'ai voulu dire qu'il existe des interstices de liberté, l'idée que l'amour, l'amour fou est un des derniers bastions d'insurrection possible. L'amour fou peut conduire à la passion érotique la plus folle. Je voulais montrer quelque chose de l'excès et l'assumer totalement.

À lire aussi de Sarah Chiche

L’amour a tellement peu à voir avec se connaître, de toute manière. En revanche, je lui trouve une profonde parenté avec se déguster.
Une solitude qui se sent comprise devient, parfois, enfin supportable.
L’amour, dès qu’il cherche à se raconter, devient une farce dite par un aveugle à un sourd, le couinement obscène d’animaux humains qui n’ont pas même la simplicité des bêtes pour se renifler le derrière sans en faire toute une histoire quand ils sont contents de se rencontrer.
J’entre dans l’automne de Saturne. Et sur la route où je pars, seule, mais avec mon père, seule, mais avec ceux que j’aime, seule, mais avec les mélancoliques, les amoureux, les endeuillés et les intranquilles, seule, mais cachée dans la foule des vivants et des morts, tout est perdu, tout va survivre, tout est perdu, tout est sauvé. Tout est perdu. Tout est splendide.
Depuis le début, il savait qu'elle mentait, qu'elle lui avait menti sur tout. Elle restait cette forteresse sans porte ni fenêtres sous le plancher de laquelle il était persuadé que se trouvait le plus beau des trésors, son moi profond, qu'un jour il exhumerait, pour la sauver et la transformer.
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Dans la même œuvre

L'amour, l'amour fou, est un des derniers bastions d'insurrection possible.
Je n'ai pas de moi, mon seul centre se trouve dans l'écriture. Toutes les références à l'autobiographie et l'autofiction sont caduques. Je peux seulement dire que l'écriture s'est faite dans un état de dévastation, de ruines.
Je suis très guidée par le fait de donner une forme à mon travail, que chaque partie de mon livre ait une forme discursive, un style propres. Je ne me sens ni nue, ni dévoilée, mais il y a des choses avec lesquelles on ne peut pas tricher - la déportation de mon grand-père comme triangle rouge (pas Juif mais prisonnier politique), les sujets qui concernent la guerre, le colonialisme...
Je n'ai pas de moi, mon seul centre se trouve dans l'écriture. Toutes les références à l'autobiographie et l'autofiction sont caduques.