Lorsque, dans une discussion, quelqu'un lance : « Il faut être logique ! », soyez à peu près sûr qu'une fois sur deux, il s'apprête à s'en abstenir lui-même. Les débatteurs les moins cohérents ne se privent pas de placer leurs inconséquences sous le patronage de la Logique : ils l'invoquent d'autant plus qu'ils ne la respectent pas, comme certains dévots avec leur dieu.
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Faut-il avoir quelque chose à dire pour écrire ? J'ai moi-même inversé le sens de la formule en commençant par noter qu'il faut plutôt écrire pour avoir quelque chose à dire.
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À lire aussi de Georges Picard
Les vérités valent par la singularité de leur surgissement, beaucoup moins par l'universalisme supposé de leur rayonnement. Les vérités ne devraient pas vieillir.
Rien de plus délicat que le dosage, le tamisage, l'affinage, le polissage et le pesage des mots. J'ai parfois l'impression qu'un livre sur deux est trop court et un livre sur deux trop long.
La vraie liberté est celle du masque. Celui qui nous colle à la peau symbolise la plus dure des nécessités : n'être que soi-même.
De nos jours, le seul niveau qui monte est celui du bruit.
Dans la même œuvre
Les moyens et la fin se conditionnent mutuellement dans l'écriture : style, vision du monde et tempérament sont les aperçus d'une même réalité, celle qui fait l'oeuvre et l'écrivain.
Le plus beau de l'écriture, c'est cette tension entre ce qui est écrit et ce qui est à écrire, c'est l'usage d'une liberté qui prend ses risques en laissant ses traces.
La critique est encore plus aisée que le prétend le proverbe, car c'est la forme ordinaire de l'estimation qui détermine nos goûts et nos dégoûts.
C'est une sottise de croire qu'un charme puisse naître d'une volonté.
C'est une sottise de croire qu'un charme puisse naître d'une volonté.