Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations. C'est une assez bonne définition de la lecture, et la définition la plus subtile de l'appétit.

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On naît bicyclette ou vélo, c'est presque politique. Mais les vélos doivent renoncer à cette part d'eux-mêmes pour aimer - car on n'est amoureux qu'à bicyclette.
L'odeur des pommes est douloureuse. C'est celle d'une vie plus forte, d'une lenteur qu'on ne mérite plus.
J'aime la mélancolie de ce passant. Il n'a plus aucune de ces prétentions du paraître qui nous amenuisent tant dans la vraie vie, nous contraignent à cacher nos blessures, nos tristesses.
Qui peut prétendre avoir aimé assez ceux qu'il a choisi d'aimer ?
Ils ne devaient jamais se recevoir l'un chez l'autre. Ils se parlaient très peu. La presse, la télévision, le pays entier les comparaient sans cesse, les opposaient. Eux se coudoyaient sur le bitume. Il y avait la France de Jacques Anquetil et la France de Raymond Poulidor. On ne savait pas que c'était la même.
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Dans la même œuvre

Le fast-food est un plaisir pervers. Une jouissance intellectuelle d'abord: la volupté de se vautrer dans du politiquement incorrect.
Si la liberté séduit, c'est plutôt l'abondance des contradictions qui rapproche, et aide à absorber. La rêverie morbide aussi. Et puis demeure une part de mystère irréductible.
On ne pourra pas s'empêcher d'étaler, de parfaire le cercle, de commencer à dessiner avec le dos de la fourchette ces stries en diagonale et en carré - une galette de purée, l'enfance n'est pas morte.
Qu'importe, si la petite barre de chocolat au lait ne plaît pas aux papilles adultes amères, sa suavité d'enfance en est multipliée. C'est un goûter de luxe.
C'est ainsi. On ne voit jamais sur son propre menu ce qui tente les autres. On ne voit jamais sur son propre menu une chose aussi tentante que celle qui tente les autres.