Grimoire : Un joli mot à deux entrées, moitié gribouillis, moitié mémoire, qui coule dans la bouche avant de fuir en entonnoir.
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C'est ainsi. On ne voit jamais sur son propre menu ce qui tente les autres. On ne voit jamais sur son propre menu une chose aussi tentante que celle qui tente les autres.
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À lire aussi de Philippe Delerm
(Dans le journal du petit déjeuner) - On y lit que le monde se ressemble, et que le jour n'est pas pressé de commencer.
Il s'était éloigné de sa maison, de sa mère, de christina. Mais on en quitte pas l'enfance. On en garde la blessure, l'exigence, et des visages restent là, inflexibles témoins de ce qu'il faut donner pour essayer de se mériter soi-même.
Qu'importe, si la petite barre de chocolat au lait ne plaît pas aux papilles adultes amères, sa suavité d'enfance en est multipliée. C'est un goûter de luxe.
Le snobisme est toujours une exclusion de l'autre. Comment mieux l'exclure qu'en multipliant le présent par le passé ?
Dans la même œuvre
Le fast-food est un plaisir pervers. Une jouissance intellectuelle d'abord: la volupté de se vautrer dans du politiquement incorrect.
Si la liberté séduit, c'est plutôt l'abondance des contradictions qui rapproche, et aide à absorber. La rêverie morbide aussi. Et puis demeure une part de mystère irréductible.
On ne pourra pas s'empêcher d'étaler, de parfaire le cercle, de commencer à dessiner avec le dos de la fourchette ces stries en diagonale et en carré - une galette de purée, l'enfance n'est pas morte.
Qu'importe, si la petite barre de chocolat au lait ne plaît pas aux papilles adultes amères, sa suavité d'enfance en est multipliée. C'est un goûter de luxe.
Fainéanter dans un monde neuf est la plus absorbante des occupations. C'est une assez bonne définition de la lecture, et la définition la plus subtile de l'appétit.