De mes souvenirs d’enfance, je ne garde qu’un arbre penché sur une rivière. La fraîcheur de l’eau, le soleil l’après-midi, les noyaux d'abricots, et c’est tout.
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Elle explique que c’est le manque de respect qui fait le plus mal, ce sont des mots tels que « cas social », « mauvaise mère », « incapable », « bonne à rien », « assistée »… Cela donne le sentiment de ne pas exister, de ne pas faire partie du même monde, de ne pas être traité comme les autres.
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Toute l'oeuvre de Proust est l'oeuvre du souvenir.
Une citation commune au Talmud et au Coran ne dit-elle pas à peu près ceci : Qui sauve une vie sauve l'humanité entière ?
Dans L’Étranger, il y a une phrase qui m'a beaucoup marqué. Comme par hasard, elle fait référence aux souvenirs. Dans la deuxième partie du roman, celle où Meursault est emprisonné et attend son jugement, il dit ceci : « J'ai fini par ne plus m'ennuyer du tout à partir de l'instant où j'ai appris à me souvenir.» En gros, il expliquait qu'on pouvait vivre de souvenirs et que - en grossissant e trait- la prison m'empêche pas de vivre.
Je ne peux m'empêcher de trouver toute existence extraordinaire. Pour peu qu'on veuille bien prendre la peine de se pencher dessus, chaque vie est exceptionnelle et mérite d'être contée, avec sa part de lumière, ses zones d'ombre et ses fêlures - il y en a toujours, je sais comment les détecter. D'ailleurs, c'est mon obsession, ça, quand je rencontre quelqu'un je me demande quelle est sa fêlure: c'est ce qui le révèle. Et dans ce domaine, il n'existe pas d'injustice, pas d'inégalité: chacun porte sa fêlure, les misérables et les milliardaires, les petites gens et les puissants, les employés et les patrons, les enfants et les parents.
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Ce qu’on ne se dit pas n’est-il pas aussi important que les mots échangés ?
Si des mots peuvent faire un bien fou – ces mots doux et chauds que l’on reçoit comme des cadeaux, qui emplissent de joie et de reconnaissance –, les mots peuvent aussi blesser. Gravement.
J'essaie de comprendre, en posant des questions. A quel moment le funambule ne tient plus sur le fil ténu de la vie et bascule ?
A quel moment le funambule ne tient plus sur le fil ténu de la vie et bascule ?
Je ne peux m'empêcher de trouver toute existence extraordinaire. Pour peu qu'on veuille bien prendre la peine de se pencher dessus, chaque vie est exceptionnelle et mérite d'être contée, avec sa part de lumière, ses zones d'ombre et ses fêlures - il y en a toujours, je sais comment les détecter. D'ailleurs, c'est mon obsession, ça, quand je rencontre quelqu'un je me demande quelle est sa fêlure: c'est ce qui le révèle. Et dans ce domaine, il n'existe pas d'injustice, pas d'inégalité: chacun porte sa fêlure, les misérables et les milliardaires, les petites gens et les puissants, les employés et les patrons, les enfants et les parents.