Je ne peux m'empêcher de trouver toute existence extraordinaire. Pour peu qu'on veuille bien prendre la peine de se pencher dessus, chaque vie est exceptionnelle et mérite d'être contée, avec sa part de lumière, ses zones d'ombre et ses fêlures - il y en a toujours, je sais comment les détecter. D'ailleurs, c'est mon obsession, ça, quand je rencontre quelqu'un je me demande quelle est sa fêlure: c'est ce qui le révèle. Et dans ce domaine, il n'existe pas d'injustice, pas d'inégalité: chacun porte sa fêlure, les misérables et les milliardaires, les petites gens et les puissants, les employés et les patrons, les enfants et les parents.

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Elie Wiesel me dit cette phrase que je ne peux oublier : « Celui qui écoute le témoin devient témoin à son tour.»
Aujourd’hui, j’ai atteint le demi-siècle et je cours toujours après ces souvenirs qui s’éloignent à toute vitesse. Il paraît que la mémoire est un muscle qu’il faut faire travailler. C’est à cette gymnastique littéraire que je vous convie.
De mes souvenirs d’enfance, je ne garde qu’un arbre penché sur une rivière. La fraîcheur de l’eau, le soleil l’après-midi, les noyaux d'abricots, et c’est tout.
Si des mots peuvent faire un bien fou – ces mots doux et chauds que l’on reçoit comme des cadeaux, qui emplissent de joie et de reconnaissance –, les mots peuvent aussi blesser. Gravement.
Une citation commune au Talmud et au Coran ne dit-elle pas à peu près ceci : Qui sauve une vie sauve l'humanité entière ?
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Ce qu’on ne se dit pas n’est-il pas aussi important que les mots échangés ?
Elle explique que c’est le manque de respect qui fait le plus mal, ce sont des mots tels que « cas social », « mauvaise mère », « incapable », « bonne à rien », « assistée »… Cela donne le sentiment de ne pas exister, de ne pas faire partie du même monde, de ne pas être traité comme les autres.
Si des mots peuvent faire un bien fou – ces mots doux et chauds que l’on reçoit comme des cadeaux, qui emplissent de joie et de reconnaissance –, les mots peuvent aussi blesser. Gravement.
J'essaie de comprendre, en posant des questions. A quel moment le funambule ne tient plus sur le fil ténu de la vie et bascule ?
A quel moment le funambule ne tient plus sur le fil ténu de la vie et bascule ?